Mondial 2026 : le Maroc accroché par la Norvège et frappé par les blessures de Mazraoui et de Abdes
À quatre jours de son entrée en lice dans la Coupe du Monde 2026, le Maroc espérait un dernier galop rassurant. Il en repart avec un sentiment mitigé. Ce dimanche 7 juin, au Sports Illustrated Stadium de Harrison (New Jersey), les Lions de l'Atlas ont été tenus en échec par la Norvège d'Erling Haaland et Martin Ødegaard (1-1). Un résultat anecdotique en soi pour un amical, mais une soirée qui laisse surtout une grosse ombre au tableau : les sorties sur blessure de Noussair Mazraoui et Abdessamad Ezzazouli.
Díaz lance parfaitement la rencontre, Ødegaard remet les pendules à l'heure
Tout avait pourtant idéalement débuté pour la sélection de Mohamed Ouahbi. Aligné avec ce qui ressemble fort au onze de départ prévu pour le match d'ouverture face au Brésil, le Maroc a livré une première période de grande qualité, maîtrisée et ambitieuse. Dès la 8e minute, Brahim Díaz ouvrait le score sur un service de l'ailier Abde Ezzalzouli, juste récompense d'une entame pressante et bien orchestrée. Le meneur du Real Madrid, redevenu un cadre de l'équipe nationale, a confirmé qu'il sera l'un des hommes forts du dispositif au Mondial.
Tout n'a pas été parfait pour autant. Dans l'entrejeu, Azzedine Ounahi est resté très discret dans l'animation offensive, peinant à peser sur le jeu — un bémol à surveiller pour un secteur censé faire le lien entre la récupération et les hommes de pointe.
Mais la physionomie a basculé en seconde période. Comme souvent lors d'un dernier test, Ouahbi a procédé à un large turnover. Et le constat est net : ces changements ont déséquilibré l'équipe, offrant aux Norvégiens une bien plus grande maîtrise du ballon. C'est dans ce contexte que la Norvège a égalisé à la 74e minute, son capitaine Martin Ødegaard ajustant Yassine Bounou d'une frappe précise (1-1). Rien d'alarmant pour un amical — mais un rappel utile sur l'importance de la profondeur d'effectif et de la gestion des rotations au plus haut niveau.
Le coup dur Mazraoui
La véritable inquiétude de la soirée est ailleurs. Dès la 28e minute, Noussair Mazraoui a été contraint de céder sa place, remplacé par Youssef Belammari, victime de ce qui ressemble à une blessure musculaire. Le staff médical marocain devait en évaluer la gravité dans les heures suivant la rencontre. À une semaine du choc d'ouverture, c'est exactement le scénario que les Lions de l'Atlas voulaient éviter. L'ailier Abde Ezzalzouli, déjà passeur décisif sur le but, est lui aussi sorti touché en première période, alourdissant la note de l'infirmerie.
Le forfait éventuel de Mazraoui priverait le Maroc d'un élément précieux. Latéral droit de Manchester United — où il a posé ses valises en 2024 après son passage au Bayern Munich —, il s'est imposé comme un titulaire fiable et polyvalent, capable d'évoluer sur les deux côtés de la défense. Formé à l'Ajax Amsterdam, acteur de l'épopée des Néerlandais en demi-finale de la Ligue des Champions 2018-2019, l'international marocain incarne cette génération biberonnée à la culture européenne du haut niveau. Son apport offensif et sa solidité dans le duel en font une pièce difficilement remplaçable pour Ouahbi.
Cap sur le groupe C et le choc d'ouverture face au Brésil
Quatre ans après l'épopée historique du Qatar, première demi-finale d'une nation africaine en Coupe du Monde, le Maroc débarque aux États-Unis avec un statut d'outsider sérieux. Les Lions de l'Atlas évolueront dans le Groupe C, en compagnie du Brésil, de l'Écosse et d'Haïti.
Le programme s'annonce immédiatement bouillant : le Maroc lancera sa campagne le 13 juin par un véritable test face au Brésil, avant d'affronter l'Écosse le 19 juin puis Haïti le 24 juin. De son côté, la Seleção a soigné sa préparation en dominant l'Égypte (2-1, buts de Bruno Guimarães et Endrick) le 7 juin à Cleveland. De quoi promettre une affiche électrique pour l'entrée en matière des deux sélections.
Reste désormais à savoir dans quel état physique les Lions de l'Atlas se présenteront. Sans le plus large effectif du tournoi, le Maroc avance avec une identité de jeu désormais bien établie et une ambition assumée : prouver que le parcours de 2022 n'était pas un accident. Mais avant de rugir face au Brésil, le staff devra d'abord panser ses plaies.
