Douze ans. C'est le temps qu'aura attendu Neymar pour retrouver une Coupe du monde au sommet. Et il pourrait encore devoir patienter. À cinq jours de Brésil-Maroc, le verdict tombe, froid : la star auriverde a peu de chances de fouler la pelouse du MetLife Stadium le 14 juin. C'est Carlo Ancelotti lui-même qui l'a laissé entendre. Le rêve s'éloigne.
Un mollet qui évolue bien, mais pas assez vite
La Confédération brésilienne de football a voulu rassurer. Ce lundi, elle a annoncé que la blessure au mollet droit de Neymar évolue bien. Le joueur de Santos poursuit sa rééducation, et les derniers examens se sont révélés encourageants. Bonne nouvelle sur le papier. Mais la CBF n'a pas précisé s'il serait disponible pour l'ouverture contre le Maroc. Et ce silence en dit long.
Car derrière les mots prudents de la fédération, il y a le verdict du sélectionneur. Carlo Ancelotti, interrogé sur la présence de Neymar face aux Lions de l'Atlas, n'a pas caché son pessimisme. La star a peu de chances de débuter le tournoi. Le timing est trop serré. Le mollet trop fragile. Et le Mondial trop important pour prendre le moindre risque.
Le calvaire sans fin d'une légende
L'histoire récente de Neymar est celle d'un corps qui lâche. Meilleur buteur de l'histoire du Brésil avec 79 buts en 128 sélections, il n'a plus porté le maillot auriverde depuis octobre 2023 — une rupture des ligaments croisés du genou gauche contre l'Uruguay. Vint ensuite une longue convalescence, la résiliation de son contrat à Al-Hilal, le retour à Santos, son club formateur. Et de nouveaux pépins. Ischio-jambiers. Adducteurs. Et désormais ce mollet.
À 33 ans, Neymar court après le temps. Ancelotti l'a prévenu : il peut jouer à son meilleur niveau dans cette équipe, mais seulement en pleine condition physique. Le sélectionneur italien avait planifié son Mondial avec Neymar. Mais il ne sacrifiera pas l'équilibre de sa Seleção pour un homme qui n'a pas la rythme de la compétition.
Le Brésil avance sans lui
Et c'est peut-être là le plus dur pour Neymar : le Brésil n'a plus besoin de l'attendre. Ancelotti a bâti une équipe solide, disciplinée, déjà qualifiée. Vinicius Jr est au sommet. Raphinha porte le brassard et l'attaque. Rodrygo, Estêvão, la nouvelle génération pousse. La Seleção a appris à gagner sans son numéro 10 historique. Le règne de Neymar appartient peut-être déjà au passé.
Pour le Maroc, l'absence probable de Neymar change-t-elle quelque chose ? Pas vraiment. Les Lions affronteront de toute façon une armada offensive parmi les plus redoutables du monde. Vinicius sur son aile gauche face à Hakimi, c'est déjà un duel de gala. Le danger brésilien ne s'appelle plus Neymar. Il a changé de visage.
Le symbole d'une époque qui s'achève
Il y a quelque chose de mélancolique dans cette situation. Neymar devait être le visage de ce Brésil au Mondial 2026, son dernier grand tournoi au sommet. À la place, il regardera peut-être l'ouverture depuis le banc, ou pire, depuis les tribunes. Le football est cruel avec ses génies quand le corps ne suit plus.
Rien n'est officiellement scellé. Un retour en cours de tournoi reste possible si la Seleção avance loin et si le mollet guérit. Mais pour le choc d'ouverture contre le Maroc, le 14 juin à minuit heure marocaine, le Brésil devra très probablement faire sans lui. Une page se tourne. Et les Lions de l'Atlas, eux, n'ont qu'un objectif : écrire la leur.
