L'humiliation de San Siro : une cinquième place qui sonne le glas
Le 24 mai 2026 restera gravé comme un jour noir dans l'histoire récente de l'AC Milan. Face à Cagliari, une équipe pourtant déjà maintenue et sans enjeu, les Rossoneri avaient besoin d'un simple match nul pour arracher leur ticket pour la prochaine Ligue des champions. Ils ont perdu 2-1 à domicile, éjectés du top 4 après avoir pourtant mené au score par Saelemaekers dès la première minute. Une défaite qui n'est pas un accident, mais la sixième sur les dix dernières rencontres, et la huitième de la saison. Le constat est brutal : le Milan termine cinquième de Serie A, hors de la compétition reine.
Cette débâcle est d'autant plus amère que le club a passé 34 journées dans le quatuor de tête. Mais comme souvent cette saison, le Milan a fait du Milan : un but, puis plus rien. La suffisance affichée par l'équipe d'Allegri a permis à Cagliari de jouer libéré et de s'imposer, un score qui aurait pu être plus lourd sans un grand Maignan. La Roma et Côme, eux, iront en Ligue des champions. Une justice, diront certains, pour un Milan qui a trop souvent déçu.
Allegri, l'architecte d'un fiasco annoncé ?
La responsabilité de cette chute est multiple, mais le nom de Massimiliano Allegri revient avec insistance. Arrivé en 2026 après un exercice 2024-2025 déjà chaotique, l'entraîneur était censé ramener la gagne et remettre le Diavolo sur le devant de la scène. Le résultat est une cinquième place logique, tant l'équipe n'a rien montré de convaincant pendant 38 journées. Son 3-5-2 défensif, poussif, reposant sur des individualités inadaptées, a produit un football amorphe et médiocre.
« Remerciant ceux qui nous ont permis de nous battre encore pour une place en Ligue des champions lors de la dernière journée : Allegri et Tare, dont le renvoi supposé à la fin de la saison nous laisse un goût amer. » — Curva Sud Milano, 24 mai 2026
Même si une partie des supporters, notamment la Curva Sud, le soutenait encore tant que l'équipe était dans le top 4, l'effondrement final change la donne. Allegri lui-même a estimé « ne pas pouvoir expliquer cet effondrement lors de la phase retour ». Pourtant, les explications sont claires : une gestion sportive qui a fait confiance à un coach dont le style ne correspondait plus aux ambitions d'un club de ce standing.
Du Scudetto au chaos : la vision Cardinale en question
Il y a quatre ans, presque jour pour jour, l'AC Milan célébrait son 19e Scudetto. Les tifosi pensaient alors le Diavolo de retour, porté par une équipe séduisante et des figures comme Maldini, Tonali, Bennacer, Leão ou Giroud. Aujourd'hui, après le 21e sacre du voisin intériste, c'est sous les sifflets de San Siro que le Milan achève sa saison 2025-2026.
Les rires ont laissé place aux grimaces. La vision de Gerry Cardinale, propriétaire du club depuis septembre 2022, est pointée du doigt. Le licenciement de Paolo Maldini et la vente de Tonali à l'été 2023, au profit d'une stratégie axée sur le développement de la marque Milan plutôt que sur la performance sportive, ont laissé des traces. Le club avait de l'or dans les mains, il semble en avoir fait de la boue. Cette cinquième place n'est pas un accident, mais la conséquence logique d'une série de décisions qui ont éloigné le Milan de son identité et de ses ambitions.
Le AC Milan, septuple vainqueur de la Ligue des Champions, porte sur ses épaules le poids d'une histoire glorifiée, faite de triomphes européens et de Scudetti. Cette cinquième place, synonyme de relégation hors de l'élite continentale, est plus qu'une simple déconvenue sportive ; elle est une blessure profonde à l'identité d'un club dont l'ADN est intrinsèquement lié à la plus prestigieuse des compétitions. Après avoir connu des périodes de vaches maigres, notamment la décennie
