Il aura fallu attendre le résultat de Bournemouth contre Manchester City pour que le cri s'échappe enfin. Le match nul des Citizens (1-1) ce mardi a scellé mathématiquement le sacre d'Arsenal, désormais champions d'Angleterre pour la 14e fois de leur histoire — et la première depuis 22 ans. En tête durant 30 des 37 premières journées, les Gunners de Mikel Arteta ont longtemps maîtrisé leur destin avant de connaître une fin de saison plus agitée. Mais au bout, la justice sportive a été rendue. Arsenal est champion d'Angleterre 2025-2026. Et ce n'est peut-être pas fini.
22 ans. Trois deuxièmes places. Et enfin.
Il faut remonter à 2004 pour retrouver la dernière fois qu'Arsenal soulevait le trophée de la Premier League. Les Invincibles d'Arsène Wenger, Henry, Vieira, Pires. Une génération entière de supporters des Gunners n'avait jamais connu ce moment. Trois deuxièmes places consécutives ces dernières saisons avaient nourri le doute — la malédiction semblait tenace. Mais Mikel Arteta, en sept ans de travail acharné, a fini par transformer un club en ruines en machine à gagner.
Le secret de cette saison ? Un mercato estival réussi et une cohésion collective rare. Viktor Gyökeres, l'attaquant suédois recruté pour renforcer une ligne offensive longtemps critiquée, a répondu présent avec 14 buts en championnat. Eberechi Eze et Martin Zubimendi ont densifié le milieu. Piero Hincapié et Cristhian Mosquera ont renforcé la défense. Et David Raya, dans les cages, a réalisé 19 clean sheets — une performance de gardien d'élite mondiale.
Saka, Ødegaard, les records de corners
Bukayo Saka, malgré une saison perturbée par des pépins physiques en hiver, a terminé avec 6 buts et 3 passes décisives en Premier League — des chiffres en dessous de ses standards habituels, mais une présence et un impact qui dépassent les statistiques. Martin Ødegaard, souvent absent sur blessure (environ 30% du temps de jeu seulement), a tout de même porté l'équipe lors de ses présences. Et Leandro Trossard, en retrait dans la hiérarchie, a contribué avec 6 buts et 6 passes décisives depuis le banc.
Arsenal a aussi battu un record inattendu : 18 buts inscrits sur corner en Premier League, faisant des Gunners les rois incontestés des phases arrêtées du championnat anglais. Une arme tactique développée sur plusieurs saisons qui a fait la différence dans les matchs serrés — notamment lors de la fin de saison tendue, quand une défaite 2-1 à Manchester City avait brièvement remis les Citizens en tête à la 33e journée.
Et maintenant Budapest — le doublé en jeu
Mais la saison d'Arsenal n'est pas terminée. Le 30 mai à la Puskás Aréna de Budapest, les Gunners défient le Paris Saint-Germain pour la finale de la Ligue des champions. Une affiche d'une richesse symbolique exceptionnelle. Arsenal avait été éliminé par le PSG en demi-finales la saison dernière. Cette fois, ils sont au bout. Et Bukayo Saka, meneur des Gunners, avait eu cette phrase après la qualification : «Au fond de vous, vous savez qui on voudrait affronter.» Il parlait du PSG. Il l'a.
En face, le PSG d'Achraf Hakimi — champion de France, recordman africain de titres en Ligue 1 (5 titres), capitaine des Lions de l'Atlas du Maroc. Saka contre Hakimi. Deux fils d'immigrés africains, deux ailiers de classe mondiale, sur la plus grande scène du football européen. Le duel dans le duel. Et derrière tout ça, la Coupe du monde 2026 qui commence le 11 juin — où Saka jouera pour l'Angleterre et Hakimi pour le Maroc, qui affronte le Brésil dès le 13 juin.
L'angle africain — ce que Budapest signifie pour le Maroc
Pour les Lions de l'Atlas, la finale de Budapest a une importance directe. Hakimi, blessé à la cuisse depuis le 28 avril, est attendu pour le 30 mai. Si le PSG gagne, il rejoindra le camp de base marocain de Basking Ridge (New Jersey) le 31 mai avec un doublé Ligue 1-LDC dans les bagages et une motivation au maximum. Si Arsenal l'emporte, Saka sera champion d'Angleterre ET d'Europe — un doublé qui ne s'est produit qu'une poignée de fois dans l'histoire du football.
Dans les deux cas, la finale de Budapest le 30 mai est l'un des matchs les plus importants de la saison footballistique mondiale. Arsenal et le PSG, deux clubs en pleine renaissance, deux projets aboutis, deux entraîneurs brillants. Et en toile de fond, le Mondial 2026 qui commence 12 jours plus tard. Le football n'a jamais aussi bien enchaîné les émotions.
