Budapest. Puskás Aréna. Samedi 30 mai 2026. 18h. Certains matchs dépassent le sport. Certaines finales écrivent quelque chose de plus grand. Celle-ci est de celles-là. Le Paris Saint-Germain, double champion de France et tenant du titre européen, défie Arsenal dans une finale de Ligue des champions que tout le monde attendait depuis un an. Et au cœur de cet événement planétaire, une question qui agite tout le Maroc depuis ce matin : Achraf Hakimi sera-t-il titulaire ?
La bombe venue de Budapest
Hakimi est dans le groupe. Vingt-quatre joueurs convoqués par Luis Enrique — et le numéro 2 parisien en fait partie. Sa présence sur la feuille de match est actée. Mais sa place dans le onze de départ, elle, ne l'est pas. Selon Giovanni Castaldi, journaliste de La Chaîne L'Équipe présent à Budapest, lors de la dernière séance d'entraînement du vendredi au stade Ferenc-Puskás, le capitaine des Lions de l'Atlas ne semblait pas à 100% de ses capacités. Luis Enrique envisagerait de faire démarrer Warren Zaïre-Emery en latéral droit à sa place. Ce n'est pas une rumeur. C'est une tendance forte, au cœur du camp parisien, à quelques heures du coup d'envoi.
Hakimi n'a plus joué depuis le 28 avril — plus d'un mois avant cette finale. La blessure à la cuisse contractée lors du match aller contre le Bayern Munich, une rencontre folle remportée 5 buts à 4 par Paris, l'avait contraint à manquer le retour à l'Allianz Arena et toute la fin de saison. Sa reprise d'entraînement collectif en milieu de semaine avait rassuré. La séance de vendredi, beaucoup moins. Le staff médical parisien ne veut pas brusquer un joueur revenu trop tôt. La composition officielle tombera une heure avant le coup d'envoi.
Zaïre-Emery — le couteau suisse devenu option numéro un
Si Hakimi commence sur le banc, c'est Warren Zaïre-Emery qui héritera du couloir droit. Le milieu français de 20 ans avait déjà assumé ce rôle lors du match retour contre le Bayern à l'Allianz Arena — avec une note de 8 sur 10 dans la presse. Luis Enrique l'a utilisé latéral droit à plusieurs reprises cette saison. Ce n'est pas un pari — c'est une solution éprouvée. Didier Deschamps lui-même avait mentionné cette polyvalence lors de l'annonce du groupe France pour le Mondial 2026.
La composition probable du PSG : Safonov — Zaïre-Emery ou Hakimi — Marquinhos — Pacho — Nuno Mendes — João Neves — Vitinha — Fabian Ruiz — Doué — Dembélé — Kvaratskhelia. Côté Arsenal : Raya — Mosquera — Saliba — Gabriel — Calafiori — Rice — Lewis-Skelly — Saka — Ødegaard — Trossard — Havertz. Dembélé a confirmé vendredi en conférence de presse qu'il était prêt à 100%, malgré la gêne au mollet contractée contre le Paris FC le 17 mai.
Un an de revanche dans les jambes d'Arsenal
Pour saisir ce que cette finale représente pour Arsenal, il faut remonter au 7 mai 2025. Match retour des demi-finales, Parc des Princes. Paris mène déjà 1-0 à l'aller grâce à un but de Dembélé à l'Emirates Stadium. Ce soir-là, Fabián Ruiz ouvre le score à la 27e minute. Hakimi double la mise à la 72e. Saka réduit à la 76e. PSG qualifié sur le score cumulé de 3-1. Arsenal dehors. Éliminé par la même équipe pour la deuxième fois en deux ans.
Un an plus tard, les Gunners sont de retour. Champions d'Angleterre pour la première fois depuis 2004. Invaincus tout au long de cette campagne européenne selon l'UEFA — neuf clubs seulement dans l'histoire ont terminé une phase de Ligue des champions sans défaite, et Arsenal n'est plus qu'à 90 minutes de rejoindre ce cercle fermé. La revanche n'est pas un mot. C'est une obsession qui a traversé toute la saison londonienne.
Pour Luis Enrique, l'enjeu est lui aussi personnel. S'il soulève ce trophée ce soir, il devient l'un des rares entraîneurs à avoir remporté deux Ligues des champions avec deux clubs différents — Barcelone en 2015, PSG en 2025 et 2026. Pour Arteta, gagner Budapest serait la réponse ultime à sept ans de reconstruction sous pression. Kvaratskhelia arrive en finale avec 10 buts et 6 passes décisives en 15 matchs de campagne européenne. Une saison stratosphérique pour l'ailier géorgien.
Le baromètre marocain — Hakimi entre Budapest et le Mondial
Ce soir, Hakimi joue peut-être les dernières minutes de sa saison de club. Dans quatorze jours, il sera en guerre pour son pays.
Le capitaine des Lions figure dans les 26 d'Ouahbi pour le Mondial 2026, annoncés le 26 mai. Camp de base à Basking Ridge, New Jersey, à 40 minutes du MetLife Stadium. Départ pour les États-Unis le 3 juin. Amical contre la Norvège le 7 juin au Red Bull Arena de New York. Et le 13 juin, Maroc contre Brésil. Ancelotti, qui dirige la Seleção, a qualifié le Maroc d'adversaire le plus dangereux du groupe C. Endrick, lui, a dit que ce match pourrait être une demi-finale de Coupe du monde.
Si Hakimi entre en jeu ce soir sans aggraver sa blessure, il rejoint le groupe marocain le 31 mai avec des minutes dans les jambes. Si Luis Enrique le préserve totalement, il arrivera au New Jersey frais mais sans rythme compétitif depuis plus d'un mois. La FRMF et le staff d'Ouahbi regarderont Budapest avec deux yeux différents : l'un sur le score, l'autre sur le genou de leur capitaine. Ce soir, deux histoires se jouent en même temps à la Puskás Aréna.
