Le Maroc, l'Algérie et le Sénégal épargnés, la Côte d'Ivoire à la peine
Le 19 mai 2026 restera comme le jour où la CAF a dessiné les contours de la prochaine Coupe d'Afrique des Nations 2027. Les 48 sélections africaines ont découvert leurs adversaires pour les éliminatoires. Si certains poids lourds comme l'Algérie et le Sénégal peuvent souffler, avec des groupes a priori abordables, d'autres n'ont pas eu la même chance. La Côte d'Ivoire, par exemple, se retrouve dans ce que beaucoup appellent déjà le « groupe de la mort », promesse de joutes intenses et de potentiels faux-pas.
Pour le Maroc, finaliste malheureux de la dernière édition et désormais officiellement désigné tenant du titre par la CAF (suite à des rebondissements administratifs), le tirage a un air de déjà-vu. Un groupe sans véritable épouvantail, où la qualification semble une formalité sur le papier. Mais c'est précisément là que réside le danger pour les Lions de l'Atlas.
Le piège de la facilité pour les Lions de l'Atlas
On l'a vu maintes fois : les groupes trop faciles sont souvent les plus traîtres. Le Maroc, avec son statut de demi-finaliste de la Coupe du Monde 2022 et son effectif pléthorique (Achraf Hakimi, Yassine Bounou, Sofyan Amrabat, etc.), abordera ces éliminatoires avec une pression de résultat maximale. L'attente est immense, et le public n'acceptera rien de moins qu'une qualification sereine. Or, la complaisance guette toujours quand l'adversité semble moindre.
Les précédents historiques sont nombreux. Des équipes favorites qui trébuchent sur des terrains hostiles, face à des nations réputées plus faibles mais surmotivées. Les éliminatoires africaines sont un marathon, pas un sprint, et la moindre baisse de régime peut coûter cher. La qualification pour la CAN 2027, qui se tiendra au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda, ne doit pas être prise à la légère.
« Le plus grand danger pour une grande équipe n'est pas l'adversaire le plus fort, mais l'adversaire que l'on sous-estime. »
Cette sagesse populaire du football résonne particulièrement pour le Maroc. Le sélectionneur devra maintenir ses troupes sous tension, éviter tout relâchement et capitaliser sur la dynamique positive du groupe. La véritable épreuve ne sera pas de surclasser ses adversaires, mais de le faire avec la concentration et la rigueur d'une équipe qui vise le sacre continental.
L'Angola d'Aliou Cissé face à l'Égypte, un duel à suivre
Pendant que le Maroc naviguera en eaux calmes, d'autres groupes offriront des affiches bien plus alléchantes. La confrontation entre l'Angola, désormais dirigée par l'expérimenté Aliou Cissé (ancien sélectionneur du Sénégal), et l'Égypte de Mohamed Salah promet des étincelles. Un choc de styles et de philosophies, où chaque point comptera double.
Ces éliminatoires, au-delà de la simple course à la qualification, sont aussi une vitrine pour les nouveaux talents et les stratégies des sélectionneurs. Le Maroc a l'occasion de confirmer sa domination et de préparer l'avenir, mais il devra d'abord prouver qu'il a appris des leçons du passé. La route vers la CAN 2027 sera longue, et le piège de la facilité est sans doute le plus insidieux de tous.
Le statut de "tenant du titre" – même par un tour de force administratif – couplé à celui de demi-finaliste mondial, place les Lions de l'Atlas sous un projecteur d'une intensité rare. Historiquement, peu de nations africaines ont eu à gérer une telle pression, celle d'être à la fois le champion désigné et l'équipe ayant redéfini les attentes du continent sur la scène internationale. Cette situation inédite transforme chaque match de qualification, même contre des adversaires réputés plus modestes, en un véritable test de caractère et de leadership. Les performances exceptionnelles au Qatar ont propulsé des joueurs comme Azzedine Ounahi, Noussair Mazraoui ou Youssef En-Nesyri sur le devant de la scène européenne, mais elles ont aussi créé une cible sur le dos de l'équipe. Désormais, chaque sélection adverse abordera ces rencontres avec la motivation décuplée de vouloir faire tomber un géant, ou du moins de lui tenir tête, ce qui rend la tâche de Walid Regragui d'autant plus délicate pour maintenir la flamme et la concentration de son groupe.
Ce "déjà-vu" évoqué par le tirage n'est pas sans rappeler des épisodes douloureux pour d'autres grandes nations africaines. L'histoire de la CAN regorge d'exemples où des favoris incontestables se sont pris les pieds dans le tapis face à des "petits poucets" galvanisés. On pense à l'Égypte, parfois absente de la phase finale malgré son record de trophées, ou encore au Cameroun, qui a connu des qualifications chaotiques. Ces équipes ont souvent payé cher une forme d'autosatisfaction ou un manque d'adaptation aux réalités du football africain : les déplacements longs et éreintants, les terrains parfois impraticables, et des ambiances hostiles où la ferveur locale peut transcender des équipes techniquement inférieures. Pour le Maroc, l'enjeu sera de ne pas tomber dans le piège de la routine, de ne pas considérer ces matchs comme de simples formalités, mais comme des étapes cruciales pour affiner les automatismes et tester de nouvelles stratégies en vue de la défense (ou plutôt de la confirmation) de leur titre.
Au-delà des têtes d'affiche comme Hakimi, Bounou et Amrabat, la profondeur du banc marocain est un atout majeur, mais aussi un défi pour le sélectionneur. Comment gérer la concurrence et maintenir l'engagement de joueurs de calibre international qui ne sont pas toujours titulaires ? Des éléments comme Sofiane Boufal, Hakim Ziyech ou Nayef Aguerd, tous habitués aux joutes européennes, devront être intégrés dans une dynamique où le collectif prime sur
