Parmi les douze groupes du Mondial 2026, le groupe C a un goût particulier. Il concentre une puissance mondiale historique, une nation africaine en pleine ascension, une équipe britannique en quête de reconnaissance et une nation des Caraïbes à son premier Mondial de l'ère moderne. Brésil. Maroc. Écosse. Haïti. Quatre histoires. Un seul groupe.
Le Brésil — la puissance qui cherche son sixième titre
Le Brésil n'a pas soulevé la Coupe du monde depuis 2002. Vingt-quatre ans d'attente pour la Seleção, qui a enchaîné les déceptions — quarts de finale en 2018 et 2022. Carlo Ancelotti a pris les rênes de la sélection en 2024 avec un objectif : restructurer, simplifier, gagner. Son groupe est impressionnant sur le papier. Vinicius Jr — Ballon d'or 2024 — est au sommet de son art au Real Madrid. Raphinha, capitaine du Barça champion d'Espagne, apporte l'expérience. Endrick, 19 ans, prêté à l'Olympique Lyonnais, représente l'avenir immédiat. Et Rodrygo, Militão, Marquinhos pour la solidité collective.
Mais le Brésil arrive avec une fragilité : leur défense a encaissé 12 buts en qualifications africaines — pardon, en qualifications CONMEBOL. Et surtout, ils savent que le Maroc les a battus 2-1 en 2023 à Tanger. Cette défaite hante encore les mémoires brésiliennes.
Le Maroc — le lion qui veut confirmer
8e nation mondiale. Champion d'Afrique. Hakimi champion d'Europe. Bouaddi, 18 ans, meilleur espoir de Ligue 1. El Khannouss, 9 buts à Stuttgart cette saison. Ce Maroc-là est différent de celui du Qatar. Il est plus complet, plus profond, plus mature. La demi-finale de 2022 n'était pas un accident — c'était une annonce.
Ouahbi a choisi un système 4-2-3-1 qui libère El Khannouss dans le rôle de meneur. Amrabat de retour à 100% — confirmé lors du 4-0 contre Madagascar — renforce l'équilibre défensif. Et Hakimi arrive avec la plénitude d'un joueur qui vient de soulever sa deuxième Ligue des champions consécutive. Le Maroc peut battre le Brésil. Il l'a déjà fait.
L'Écosse — l'équipe qui veut briser sa malédiction
L'Écosse n'a jamais passé le premier tour d'une Coupe du monde. C'est une statistique qui pèse lourd dans la tête des joueurs et des supporters. Sous Steve Clarke, la sélection a développé un jeu direct, physique et organisé. John McGinn reste le patron du milieu. Che Adams est le finisseur. Et la défense, emmenée par Andy Robertson (Liverpool) en latéral gauche, est l'une des meilleures de ce groupe. L'Écosse peut créer des surprises — mais dans ce groupe, il faudra faire un exploit contre le Brésil ou le Maroc pour espérer se qualifier.
Haïti — l'exploit d'être là
Pour Haïti, simplement être là est une victoire historique. Qualifiée pour seulement la deuxième fois de son histoire après 1974, la sélection haïtienne réalise un exploit collectif remarquable. Duckens Nazon, Frantzdy Pierrot — des noms peu connus en Europe mais redoutables dans la zone CONCACAF. Haïti sera la cible de points faciles pour le Brésil et le Maroc — mais ils peuvent gripper une machine sous-estimée.
Le scénario probable
La qualification directe revient logiquement au Brésil et au Maroc. L'Écosse peut espérer une troisième place qualificative selon le classement des meilleurs tiers. Haïti sera le premier éliminé.
Mais dans ce groupe, la clé est simple : si le Maroc bat le Brésil le 14 juin au MetLife Stadium, tout change. Les Lions peuvent finir premiers du groupe et se donner un tableau favorable pour la suite. Si le Brésil gagne, le Maroc devra gérer la pression et ne pas craquer contre l'Écosse. Un groupe ouvert. Un groupe excitant. L'un des meilleurs du Mondial 2026.
