Badou Zaki, un nom qui claque à Bamako
L'information est tombée comme un coup de tonnerre sur le continent : Badou Zaki, l'ancien portier mythique des Lions de l'Atlas et sélectionneur emblématique, fait partie des cinq candidats retenus par la Fédération malienne de football pour diriger les Aigles. À 65 ans, celui qui a mené le Maroc en finale de la CAN 2004 est une figure respectée, mais son choix, s'il se concrétisait, serait tout sauf anodin pour une équipe malienne en quête de stabilité et de renouveau.
Le technicien marocain n'est pas un inconnu des bancs africains. Après son passage remarqué à la tête de la sélection marocaine, il a connu des expériences plus mitigées en clubs, notamment au CR Belouizdad en Algérie ou à l'IR Tanger. Sa dernière aventure en sélection remonte à un court intérim avec les Lions de l'Atlas en 2014-2015. Le Mali, avec son vivier de jeunes talents évoluant majoritairement en Europe, représente un défi de taille.
Le défi malien : entre potentiel et irrégularité
Le Mali est une nation de football qui attend toujours son heure. Régulièrement présente en phases finales de CAN, l'équipe peine à franchir le cap des demi-finales. Son élimination en quart de finale de la CAN 2023 face à la Côte d'Ivoire, future championne, a laissé un goût amer. Les Aigles possèdent pourtant des joueurs de calibre international comme Yves Bissouma, Amadou Haïdara ou El Bilal Touré. Ce collectif n'a jamais su exprimer son plein potentiel sur la durée.
La mission du futur sélectionneur sera double : insuffler une discipline tactique rigoureuse et, surtout, créer une alchimie collective capable de rivaliser avec les cadors du continent. Badou Zaki, connu pour son exigence et son caractère, pourrait apporter cette rigueur défensive qui a souvent fait défaut aux Maliens. Reste à voir s'il saura s'adapter à une nouvelle génération de joueurs et à un environnement qui a beaucoup évolué depuis ses heures de gloire.
« Le Mali a les individualités pour briller, mais il lui manque un ciment, une âme collective. C'est le défi de taille qui attend le prochain sélectionneur. »
Concurrence féroce et attentes élevées
La short-list des candidats est relevée. Outre Badou Zaki, on retrouve des noms comme Jean-Florent Ibengé, vainqueur de la CAN avec la RD Congo, Mohamed Magassouba, ancien sélectionneur des Aigles, et Antonio Conceição Oliveira, ex-coach du Cameroun. Chaque profil offre des arguments différents, mais la présence de Zaki en dit long sur la volonté de la Fédération malienne de miser sur l'expérience et une certaine aura.
Le choix final sera crucial. Le Mali est engagé dans les qualifications pour la Coupe du Monde 2026, avec l'ambition de se qualifier pour la première fois de son histoire. La date d'annonce de la liste des joueurs pour les prochains matchs de qualification, prévue le 21 mai pour le Maroc et le Sénégal, et le 27 mai pour l'Afrique du Sud, met la pression sur les fédérations africaines pour stabiliser leurs staffs. Le futur sélectionneur devra composer rapidement et efficacement. L'héritage de Zaki est lourd, saura-t-il le transformer en atout pour les Aigles ? La réponse ne saurait tarder.
Avant d'endosser le costume de sélectionneur, Badou Zaki fut avant tout le gardien emblématique qui a marqué l'histoire du football marocain et africain. Sa carrière de joueur est jalonnée de succès, notamment avec le Wydad Casablanca, où il a glané plusieurs titres de champion du Maroc. Mais c'est son passage au RCD Majorque en Espagne qui l'a propulsé sur la scène européenne, l'érigeant en véritable idole. Son apogée fut sans conteste l'année 1986 : capitaine charismatique des Lions de l'Atlas lors de la Coupe du Monde au Mexique, il a mené son équipe à une performance historique, devenant la première nation africaine à s'extirper des phases de groupes et à atteindre les huitièmes de finale, où elle ne s'inclina qu'avec les honneurs face à la redoutable Allemagne de l'Ouest. Ses parades décisives et son leadership inébranlable lui valurent cette année-là le prestigieux Ballon d'Or Africain, une distinction qui cimente son statut de légende vivante et confère à sa candidature malienne une dimension symbolique forte, celle d'un homme qui a su faire briller son pays sur la scène mondiale.
Pendant que Badou Zaki envisage un nouveau chapitre en Afrique de l'Ouest, les actuels Lions de l'Atlas, sous la houlette de Walid Regragui, vivent une ère sans précédent, portant haut les couleurs du Maroc à l'horizon 2025. Après leur épopée historique en demi-finale de la Coupe du Monde 2022 au Qatar – une première pour une nation africaine et arabe – les attentes sont immenses. L'équipe, riche de talents évoluant dans les plus grands championnats européens comme Achraf Hakimi (PSG), Yassine Bounou (Al-Hilal), Sofyan Amrabat (Manchester United) ou Azzedine Ounahi (Olympique de Marseille), est désormais un pilier du football mondial. L'enjeu majeur pour 2025 sera la Coupe d'Afrique des Nations que le Maroc aura l'honneur d'organiser. La pression sera colossale pour confirmer la dynamique du Mondial à domicile et viser le sacre continental, un objectif qui échappe aux Lions depuis 1976. Parall
