CAN 2027 : Maroc, un tirage qui sent le piège
La Confédération africaine de football (CAF) a levé le voile ce mardi 19 mai 2026 sur la composition des groupes pour les éliminatoires de la Coupe d'Afrique des Nations 2027. Et pour le Maroc, tenant du titre après la décision de la CAF, l'euphorie risque d'être de courte durée. Les Lions de l'Atlas se retrouvent dans un groupe qui, à première vue, peut sembler abordable, mais qui recèle des pièges. Ce n'est pas un groupe de la mort, mais un ensemble de sélections capables de bousculer les favoris sur un match, surtout à domicile. On se souvient des difficultés marocaines par le passé face à des nations dites « modestes » mais redoutables sur leurs terres. Le Maroc, avec son statut de demi-finaliste de Coupe du Monde et champion d'Afrique en titre, sera l'équipe à abattre. Chaque déplacement sera un guet-apens, chaque adversaire jouera le match de sa vie. C'est le revers de la médaille quand on domine le continent.
La Côte d'Ivoire : un chemin de croix annoncé
Si le Maroc doit rester vigilant, la Côte d'Ivoire, elle, a hérité d'un tirage bien plus lourd. Les Éléphants devront sortir le grand jeu pour s'extirper d'un groupe qui s'annonce particulièrement relevé. Historiquement, la Côte d'Ivoire a toujours connu des éliminatoires mouvementés, alternant performances brillantes et faux pas inattendus. Cette fois, la marge d'erreur sera infime. Le défi est immense pour les champions d'Afrique 2023, qui devront montrer une régularité de fer et une capacité à s'imposer dans des ambiances hostiles. Leur capacité à gérer la pression et à produire un jeu offensif efficace sera mise à rude épreuve. On attend de voir si la nouvelle génération ivoirienne, portée par des talents comme Sébastien Haller ou Simon Adingra, saura répondre présent face à cette adversité. Ce groupe est un véritable test de caractère.
« Le tirage au sort est une loterie, mais pour certaines nations, c'est un véritable casse-tête. Le Maroc et la Côte d'Ivoire devront prouver que leur statut n'est pas usurpé. »
Algérie et Sénégal : la voie royale ?
À l'inverse, l'Algérie et le Sénégal semblent avoir été épargnés par le tirage. Les Fennecs et les Lions de la Teranga, deux des poids lourds du football africain, se retrouvent dans des groupes a priori plus cléments. Cela ne signifie pas que la qualification sera une formalité, mais le chemin s'annonce moins semé d'embûches que pour leurs homologues maghrébins et ouest-africains. Pour l'Algérie, après des campagnes qualificatives parfois compliquées, ce tirage offre une opportunité de retrouver de la sérénité et de construire une équipe solide pour la phase finale. Le Sénégal, avec sa profondeur de banc et son expérience, devrait pouvoir gérer ces éliminatoires sans trop de difficultés. Ces nations devront néanmoins éviter tout excès de confiance, car le football africain a prouvé à maintes reprises sa capacité à créer des surprises. La CAN 2027 s'annonce déjà passionnante, et ces éliminatoires poseront les bases des futures hiérarchies continentales.
Le statut de "tenant du titre", qu'il soit acquis sur le terrain ou par une décision administrative comme le suggère l'article pour le Maroc, est toujours une épée à double tranchant en éliminatoires. D'un côté, il confère une aura, une confiance et une reconnaissance continentale. De l'autre, il transforme chaque match en une finale pour l'adversaire. Les Lions de l'Atlas, auréolés de leur
Pour la Côte d'Ivoire, l'expression "tirage lourd" va bien au-delà de la simple qualité des adversaires. Elle évoque un fardeau historique et psychologique. Les Éléphants, malgré des générations dorées comme celle des Didier Drogba, Yaya Touré ou Gervinho, ont souvent transformé leurs campagnes qualificatives en véritables parcours du combattant. On se souvient de qualifications obtenues dans la douleur, voire de déceptions majeures qui ont coûté cher à des sélectionneurs. La pression est immense sur l'actuelle génération, qui peine parfois à retrouver la constance et l'autorité de ses prédécesseurs. L'enjeu n'est pas seulement de se qualifier, mais de rassurer un public exigeant et de montrer que la reconstruction post-génération dorée est sur les rails. Chaque point perdu à domicile ou chaque match nul arraché à l'extérieur face à une nation réputée inférieure sera scruté à la loupe, pouvant entraîner des doutes profonds et une instabilité au sein du groupe, un scénario que les Ivoiriens connaissent malheureusement trop bien.
Quant au Maroc, sa récente consécration continentale et son statut de puissance mondiale après la Coupe du Monde lui confèrent une position de favori incontesté. Cependant, c'est précisément là que réside le danger du "déjà-vu". Les Lions de l'Atlas ont, par le passé, parfois peiné à assumer ce statut. Les équipes adverses, galvanisées par l'idée d'affronter un cador, doublent d'efforts et adoptent des stratégies ultra-défensives, transformant les rencontres en véritables batailles tactiques. Le défi pour Walid Regragui et ses hommes sera de trouver la faille face à des blocs bas, de gérer la frustration et de ne pas sous-estimer des équipes qui, sur leurs terres et devant leur public, peuvent se transcender. Les conditions de jeu souvent difficiles en Afrique (terrains, chaleur, arbitres) accentuent ces pièges. L'histoire est riche d'exemples où des équipes africaines de premier plan ont trébuché face à des "petits poucets" en qualifications, notamment lors de déplacements périlleux, prouvant que le talent seul ne suffit jamais sur le continent.
Au-delà des spécificités marocaines et ivoiriennes, ce tirage des éliminatoires de la CAN 2027 est un reflet de l'évolution générale du football africain. La notion de "petite équipe" est de plus en plus obsolète. Grâce à une meilleure formation, des tactiques plus affûtées et l'intégration de joueurs évoluant dans des championnats européens moins médiatisés, de nombreuses nations ont considérablement réduit l'écart avec les géants. Les matchs sont devenus plus physiques, plus intenses et souvent décidés sur des détails. Pour les entraîneurs des sélections phares, la gestion de l'effectif devient primordiale : il faut jongler entre les stars européennes soumises à des calendriers exigeants et les joueurs locaux, tout en maintenant une cohésion d'équipe et une motivation inébranlable sur une longue période. Ces éliminatoires ne sont pas seulement une course à la qualification, mais aussi une vitrine pour le continent, démontrant la profondeur et la compétitivité croissante de son football.
