Le naufrage algérien et la colère des supporters
L'Algérie est tombée de haut. Dimanche, en quarts de finale de la CAN U17, les jeunes Fennecs ont été sortis par la Tanzanie (3-3, 2-4 tab). Une élimination prématurée qui a déclenché une tempête de critiques, visant en premier lieu le sélectionneur Amine Ghimouz, mais aussi, plus largement, le système de formation de la Fédération Algérienne de Football (FAF).
Le scénario du match n'a fait qu'amplifier la frustration. L'Algérie a mené deux fois au score, notamment grâce à un doublé de l'espoir rennais Mohammed Valmy, avant de craquer et de s'incliner aux tirs au but. Sur les réseaux sociaux, la déception s'est muée en colère. Les supporters reprochent à Ghimouz un manque criant d'identité de jeu, des limites tactiques évidentes et une gestion jugée trop frileuse, malgré un potentiel offensif indéniable.
« Aucune réaction durant la domination tanzanienne, aucun fond de jeu, tu subis et tu dégages, tu attends une action individuelle de Valmy. »
Un internaute a même qualifié le sélectionneur d'« imposteur », dénonçant un abus de longs ballons et une absence totale de maîtrise collective. L'incapacité à réagir face aux temps forts tanzaniens a été un autre point de discorde majeur.
Valmy, le like qui met le feu aux poudres
Comme si la défaite ne suffisait pas, un épisode a jeté de l'huile sur le feu. Mohammed Valmy, auteur du doublé, a « liké » sur les réseaux sociaux une publication critiquant directement Amine Ghimouz et sa gestion d'un autre jeune talent, Rayan Zidane du Bayer Leverkusen. Un geste lourd de sens, qui trahit sans doute un malaise profond au sein du groupe et une défiance envers les choix du sélectionneur.
Ce « like » polémique n'est pas anodin. Il expose au grand jour les tensions internes et la fragilité d'une équipe qui n'a pas su transformer son potentiel en résultat. L'élimination n'est pas qu'un simple revers sportif ; elle est le symptôme d'un mal plus profond qui ronge le football de jeunes en Algérie, et qui interpelle sur la direction prise par la FAF.
Un système de formation en question
Au-delà de la performance de Ghimouz, c'est tout le système de formation algérien qui est mis sur la sellette. Les critiques fusent sur l'absence d'une véritable philosophie de jeu, la difficulté à développer des talents et l'incapacité à produire des équipes cohérentes et compétitives sur la scène continentale. L'Algérie, pays de football, se doit de réagir. Cette élimination à la CAN U17 est un signal d'alarme retentissant. Il est temps de repenser les fondations pour éviter que de tels revers ne deviennent la norme.
La pression cooker entourant cette CAN U17 était d'autant plus intense que l'Algérie en était le pays hôte. Organiser un tournoi continental, surtout à domicile, s'accompagne toujours d'une ferveur populaire et d'une attente décuplée. Pour les jeunes Fennecs, cette compétition ne représentait pas seulement l'opportunité de soulever un trophée devant leurs supporters, mais surtout un tremplin crucial vers
L'élimination des Fennecs U17 résonne bien au-delà du simple cadre d'un match de quarts de finale. La Coupe d'Afrique des Nations des moins de 17 ans est, en effet, une vitrine essentielle pour le football continental, un tremplin majeur pour les jeunes talents africains vers les championnats professionnels européens et, à terme, les équipes nationales A. Pour l'Algérie, cette compétition représente une opportunité manquée de confirmer la vitalité de sa formation et de préparer la relève. Historiquement, le palmarès des jeunes Fennecs en catégories d'âge reste modeste, la nation ayant brillé davantage par des exploits ponctuels de sa sélection A que par une production constante de talents issus de ses propres filières. Si l'équipe senior a connu son âge d'or récent avec la génération Mahrez et consorts, la question de la pérennité de ce succès passe inévitablement par la capacité du pays à former et à encadrer ses jeunes pousses dès leur plus jeune âge. La pression est d'autant plus forte que les supporters algériens, réputés pour leur ferveur et leur exigence, attendent que cette vitalité se traduise à tous les niveaux de représentation nationale, y compris chez les cadets.
Le "tollé" autour d'Amine Ghimouz ne doit pas occulter une réflexion plus profonde sur les orientations techniques et stratégiques de la Fédération Algérienne de Football (FAF) en matière de jeunesse. Cette défaite face à la Tanzanie, certes surprenante, pointe du doigt des carences structurelles qui ne sont pas nouvelles. La difficulté à imposer un style de jeu cohérent et à développer une identité tactique forte chez les jeunes sélections contraste parfois avec les ambitions affichées. D'autres nations du Maghreb, telles que le Maroc, finaliste de la dernière CAN U17 et dont l'académie Mohammed VI est devenue une référence, ou la Tunisie, ont su investir massivement et intelligemment dans leurs infrastructures de formation, récoltant aujourd'hui les fruits de cette vision à long terme. La précarité du poste de sélectionneur, quel que soit l'âge, en Algérie, est également symptomatique d'
