Olise-Cherki : un duo de créateurs pour le Mondial 2026
Didier Deschamps aborde la Coupe du monde 2026 avec une nouvelle donne tactique : la présence de Michael Olise et Rayan Cherki, deux meneurs de jeu aux profils complémentaires. Cette situation, inédite depuis le départ d'Antoine Griezmann, offre des perspectives de créativité pour l'équipe de France. Le sélectionneur des Bleus, pour son dernier tournoi à la tête de la sélection, devra trouver la formule pour exploiter au mieux ces deux talents, comme l'indique So Foot le 4 juin 2026.
La dynamique de groupe est jugée excellente depuis un an, et les joueurs semblent au meilleur de leur forme. La question centrale reste l'intégration de cette paire de numéro 10, capable de dynamiser le jeu offensif des Bleus.
Qui pour débuter ? Olise en pole position
Avant même les matchs de préparation, une tendance claire se dégage : Michael Olise semble avoir une longueur d'avance pour une place de titulaire. Le joueur du Bayern Munich, désigné MVP de la saison en Bundesliga, a réalisé une campagne pleine et convaincante en sélection. Olivier Kapo, ancien meneur de jeu des Bleus, estime qu'Olise « part titulaire » et qu'il est « en pleine bourre ».
Vikash Dhorasoo s'interroge sur l'utilisation de Cherki, le voyant plus « tranchant en sortie de banc ». Il souligne également que le Mondial sera un test pour Olise, qui n'a pas toujours été transcendant lors de matchs décisifs cette saison, notamment face au Real Madrid et au PSG. L'alternance entre les deux joueurs s'est déjà dessinée en novembre 2025 contre l'Ukraine, où ils ont partagé une heure de jeu, et en mars 2026, avec Olise brillant contre le Brésil et Cherki face à la Colombie.
Adapter les profils pour une cohabitation réussie
La présence de deux numéro 10 ne constitue pas un inconvénient majeur, à condition de gérer la frustration d'un éventuel statut de remplaçant ou d'un positionnement à contre-emploi. Olivier Kapo se souvient de ses débuts en équipe de France, où il avait dû se décaler à gauche en raison de la présence de Zinedine Zidane dans l'axe. Il avait alors « galéré » à s'adapter à ce nouveau rôle.
« Olise étire. Il part d’un côté et finit dans l’axe. C’est Pavel Nedvěd. »
Olivier Kapo
Alain Giresse met en avant la polyvalence d'Olise, qu'il décrit comme un joueur de couloir qui « rentre systématiquement dans l’axe », perturbant ainsi les défenses. Cherki, à l'inverse, « aime bien se décaler sur un côté pour faire respirer le jeu ». Cette complémentarité permet d'envisager une cohabitation tactique. Vikash Dhorasoo, habitué à jouer avec un autre numéro 10, rappelle qu'il faut « s'adapter à ton autre 10 ». Sa formation de milieu excentré lui avait permis de s'ajuster plus facilement. Les anciennes gloires des Bleus, Giresse et Bernard Genghini, estiment que l'intelligence de jeu de ces techniciens supérieurs suffira à faire la différence, sans nécessiter de schémas tactiques complexes.
Olise, 24 ans, n'est pas arrivé au sommet par hasard. Son explosion à Crystal Palace, où il a enchaîné les saisons à plus de 10 passes décisives en Premier League, avait déjà attiré l'œil des géants européens. Son transfert au Bayern Munich pour 70 millions d'euros l'été dernier a été un pari audacieux, mais payant. En Bundesliga, il a littéralement éclaboussé le championnat de son talent, terminant la saison avec 12 buts et 15 passes décisives en 30 matchs, sans compter ses 3 buts et 4 assists en Ligue des Champions. Une polyvalence rare, capable d'évoluer ailier droit ou en position de numéro 10 axial, qui offre à Deschamps une flexibilité tactique précieuse. Cette efficacité statistique le place parmi les meneurs de jeu français les plus prolifiques à l'aube d'un tournoi majeur depuis un certain Zinedine Zidane en 2000 ou Michel Platini en 1984, des figures capables de dicter le rythme et de débloquer les situations par leur seule présence. Son volume de jeu et sa capacité à presser haut le distinguent également, loin de l'image du numéro 10 statique.
Rayan Cherki, lui, est l'incarnation du talent pur, du dribbleur capable de faire basculer un match sur une étincelle. Formé à l'Olympique Lyonnais, son parcours a été marqué par des hauts et des bas, mais sa dernière saison a confirmé sa progression. Avec 8 buts et 10 passes décisives en 25 apparitions de Ligue 1 cette année, souvent en tant que remplaçant de luxe, il a prouvé sa
