Lekjaa brandit le poing : le Maroc ne reculera pas
Fouzi Lekjaa n'est pas homme à laisser filer une victoire. Le président de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) l'a encore prouvé, envoyant un message à peine voilé à la Fédération Sénégalaise de Football. L'enjeu ? La désignation du Maroc comme pays hôte de la CAN 2025. Une décision que le Sénégal conteste devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), mais Lekjaa, d'une formule lapidaire, a rappelé la position de son pays : « Une victoire reste une victoire, nous irons jusqu'au bout. » Une déclaration qui sonne comme un avertissement, une affirmation de souveraineté sportive, et surtout, un refus catégorique de toute concession.
Le 11 mai 2026, la FRMF a déposé son mémoire de défense au TAS, répondant ainsi au recours du Sénégal. Ce n'est pas une simple formalité administrative. C'est une bataille d'influence et de procédure où chaque partie joue gros. Le Maroc, fort de son dossier technique jugé supérieur, ne comprend pas cette remise en question d'une décision déjà entérinée par la Confédération Africaine de Football (CAF). Lekjaa, architecte de l'ascension du football marocain sur la scène continentale et mondiale, ne laissera pas cette victoire lui échapper.
La CAN 2025 : un enjeu politique autant que sportif
L'attribution de la CAN n'est jamais une mince affaire. Pour le Maroc, organiser la CAN 2025 s'inscrit dans une dynamique plus large, celle d'une nation qui veut s'imposer comme un hub sportif majeur. Après la candidature réussie pour la Coupe du Monde 2030 aux côtés de l'Espagne et du Portugal, la CAN serait une étape cruciale pour tester les infrastructures et l'organisation. C'est aussi un enjeu de prestige, une reconnaissance du travail colossal accompli par la FRMF ces dernières années, notamment avec l'Académie Mohammed VI et les résultats probants des sélections nationales, des Lions de l'Atlas à la sélection féminine.
Le Sénégal, de son côté, estime avoir des arguments solides pour contester cette attribution. Les détails de leur recours restent confidentiels, mais ils pourraient porter sur des points de procédure ou des allégations d'irrégularités. Cependant, la force de la position marocaine réside dans la validation initiale de la CAF. Le TAS, une instance impartiale, devra trancher sur la base des preuves et des règlements. La sortie de Lekjaa, à ce stade, n'est pas anodine. Elle vise à rassurer son camp et à envoyer un signal fort à l'adversaire : le Maroc est prêt à se battre sur tous les fronts.
« Une victoire reste une victoire, nous irons jusqu'au bout. » - Fouzi Lekjaa, président de la FRMF.
Au-delà de l'affaire, le football africain en ébullition
Cette joute juridique entre deux géants du football africain met en lumière les tensions et les ambitions qui traversent le continent. Alors que des jeunes talents comme le Marocain Ayyoub Bouaddi (6e au classement provisoire du Golden Boy 2026) et l'Ivoirien Yan Diomandé (4e) émergent sur la scène mondiale, les instances dirigeantes se livrent des batailles acharnées en coulisses. Le Maroc, avec Rayane Bounida également parmi les 100 talents, confirme sa place de locomotive. Cette affaire de la CAN 2027 n'est qu'un symptôme de cette effervescence, où chaque pays cherche à consolider son influence et à obtenir sa part du gâteau sportif.
L'issue du jugement du TAS sera déterminante. Elle fixera non seulement le sort de la CAN 2025, mais aussi potentiellement un précédent sur la manière dont les attributions de grandes compétitions peuvent être contestées. Pour Lekjaa et le Maroc, il s'agit de défendre une décision légitime et de protéger une dynamique sportive qui a propulsé le royaume sur le devant de la scène footballistique mondiale. Le Sénégal a lancé son défi, le Maroc l'a relevé. La balle est désormais dans le camp du TAS.
