Il y a vingt-huit ans, à Saint-Étienne, le Maroc avait humilié l'Écosse 3-0 lors de la Coupe du monde 1998 en France. Un match que les Lions de l'Atlas avaient abordé avec l'ambition des grandes équipes — et qu'ils avaient remporté avec les arguments des grandes nations. Salaheddine Bassir, Abdeljalil Hadda, Abderrahim Ouakili — trois buts qui avaient fait vibrer tout un pays. Le Maroc était éliminé malgré ce résultat en raison d'un goal-average défavorable, après une défaite 3-0 contre le Brésil. Vingt-huit ans plus tard, les deux nations se retrouvent dans le même groupe.
Le match — Lincoln Financial Field, Philadelphie
Le 20 juin 2026, à 03h00 heure française — 21h heure de la côte Est — le Maroc et l'Écosse se retrouvent au Lincoln Financial Field de Philadelphie, Pennsylvania. Un stade de 69 000 places, domicile des Philadelphia Eagles en NFL. C'est le deuxième match du groupe C pour les Lions de l'Atlas, après le choc contre le Brésil le 14 juin au MetLife Stadium.
Si le Maroc a battu le Brésil à la première journée, ce match contre l'Écosse pourrait être une formalité. Si le Maroc a perdu contre le Brésil, cette rencontre devient cruciale — une défaite ici compromettrait sérieusement la qualification pour les huitièmes de finale.
L'Écosse — l'adversaire qu'on ne doit pas sous-estimer
L'Écosse de Steve Clarke n'est pas la même que celle de 1998. Sous la direction de ce technicien pragmatique, les Écossais ont développé un jeu solide, compact, difficile à manœuvrer. Andy Robertson (Liverpool) est l'un des meilleurs latéraux gauches d'Europe. John McGinn (Aston Villa) est un milieu de terrain complet, capable de changer un match à lui seul. Scott McTominay, John Souttar en défense — une équipe organisée qui peut gripper n'importe quelle machine offensive.
Leur faiblesse : la capacité à marquer contre les grandes nations. L'Écosse n'a jamais passé le premier tour d'une Coupe du monde — une statistique qui pèse lourd dans la tête des joueurs. Mais dans un groupe avec le Brésil et le Maroc, ils n'ont rien à perdre. Et les équipes sans pression sont parfois les plus dangereuses.
L'enjeu marocain — confirmer ou gérer
Si Hakimi, El Khannouss et Brahim Díaz sont au niveau attendu, l'Écosse ne devrait pas poser les mêmes problèmes que le Brésil. La vitesse offensive marocaine sur les côtés — Hakimi à droite, Ezzalzouli à gauche — peut faire des ravages contre une défense britannique qui n'est pas construite pour résister à la vitesse et à la technique. En 1998, le Maroc avait dominé l'Écosse de bout en bout. Les Lions ont les armes pour répéter l'exploit.
Le 20 juin à Philadelphie, le Maroc écrira peut-être le deuxième chapitre de sa saga américaine. Vingt-huit ans après Saint-Étienne, une autre page se tourne.
