Le Complexe Mohammed VI, épicentre d'une ambition mondiale
Le Maroc ne se contente plus d'être un figurant. L'épopée qatarie a recalibré les attentes, transformant une simple qualification en objectif minimal. La présence de Nabil Baha, ancien Lion de l'Atlas, au Complexe Mohammed VI lors de rencontres cruciales comme Maroc-Égypte, n'est pas anecdotique. Elle symbolise cette volonté d'ancrer les nouvelles générations dans l'héritage d'une sélection qui a su briser le plafond de verre. Le Maroc investit massivement, ses infrastructures sont désormais citées en exemple sur le continent, capables d'accueillir des équipes européennes – un atout majeur dans la préparation des échéances futures.
L'Afrique, un terrain miné pour les favoris
Pourtant, la route vers 2026 est semée d'embûches. L'Afrique, c'est aussi un football aux réalités parfois brutales, loin du glamour des grandes compétitions internationales. Les incidents autour de la finale de la Ligue des Champions féminine entre Mamelodi Sundowns et l'AS FAR, avec des retards d'atterrissage et des tensions logistiques, rappellent que même les nations les mieux organisées ne sont pas à l'abri des aléas. La CAF est régulièrement pointée du doigt pour des problèmes d'arbitrage, de sécurité ou de gestion des foules. Des critiques qui touchent aussi bien les géants du Nord, comme le Maroc, l'Égypte ou l'Algérie, souvent perçus comme arrogants par leurs pairs sub-sahariens. Cette friction continentale, parfois teintée de relents raciaux – comme lors de la polémique autour d'une finale de CAN entre le Maroc et le Sénégal – crée un climat où la performance sportive n'est pas toujours le seul facteur de succès.
Le dilemme des binationaux : un atout et une cible
Le succès du Maroc repose en grande partie sur sa capacité à attirer des talents binationaux, à l'image d'un Achraf Hakimi qui aurait pu choisir l'Espagne, ou d'un Hakim Ziyech, les Pays-Bas. Ces choix, faits par conviction et par attachement à la nation d'origine, sont une force indéniable pour les Lions de l'Atlas. Ils composent une équipe à la fois technique et résiliente, capable de rivaliser avec les meilleures nations mondiales. Mais cette richesse est aussi une vulnérabilité. Elle alimente parfois des débats stériles, et expose les joueurs à des critiques acerbes, notamment lorsqu'ils ne sont pas à leur meilleur niveau, comme ce fut le cas pour Sofiane Diop, dont l'absence en sélection a pu être questionnée. Le Maroc doit continuer à cultiver ce lien avec sa diaspora, tout en gérant les attentes parfois démesurées et les polémiques qui en découlent.
2026 : Au-delà des qualifications, une affirmation continentale
Le Maroc, avec l'Égypte, le Sénégal, le Ghana, l'Algérie, la Tunisie et la Côte d'Ivoire, fait partie des nations africaines régulièrement citées pour la Coupe du Monde 2026. Mais la qualification ne sera qu'une étape. L'enjeu pour les Lions de l'Atlas est de confirmer leur statut de poids lourd, non seulement sur le terrain, mais aussi en coulisses. Leurs infrastructures, leur organisation, leur capacité à mobiliser des talents sont des atouts majeurs. Reste à savoir si le football africain dans son ensemble parviendra à élever son niveau de professionnalisme pour accompagner ces ambitions, ou si les Lions devront continuer à tracer leur route, souvent seuls, au milieu des tourmentes continentales. Le Maroc a montré qu'il pouvait rêver plus grand ; il doit maintenant prouver qu'il peut transformer ce rêve en une réalité durable, malgré les vents contraires.
L'ambition marocaine ne repose pas uniquement sur des infrastructures de pointe, mais avant tout sur un collectif solide et des individualités dont la valeur a été confirmée au plus haut niveau. Des piliers comme Achraf Hakimi, dont la régularité au Paris Saint-Germain en fait l'un des meilleurs latéraux du monde, ou Sofyan Amrabat, roc inébranlable au milieu de terrain, continuent d'être les fers de lance
