Il y a des équipes qui arrivent au Mondial en ordre de marche. Et il y a le Sénégal 2026. À 26 jours du coup d'envoi, les Lions de la Teranga accumulent les crises à un rythme qui laisse perplexe. Ce n'est pas un problème de joueurs — l'effectif est l'un des plus fournis d'Afrique. C'est un problème de maison qui brûle.
Crise 1 — 8 dirigeants sans visa américain
Six d'abord, selon L'Observateur. Puis huit, confirmés par le journaliste Micky Jnr. Huit membres du Comex de la FSF refusés de visa par l'ambassade des États-Unis à Dakar. Parmi eux : Amadou Kane (4e vice-président), Moussa Mbaye (commission des finances), Modou Fall (président de l'AS Pikine). Déclarés «inéligibles pour diverses raisons administratives». Une nation africaine au Mondial dont les dirigeants ne peuvent pas entrer dans le pays organisateur. Du jamais vu.
Crise 2 — Le titre CAN contesté au TAS
Champion d'Afrique sur le papier. Mais la FRMF a déposé son mémoire au TAS le 7 mai. Trois avocats spécialisés donnent 75% de chances au Maroc de conserver le titre. Si le TAS tranche en faveur du Maroc pendant le Mondial, le Sénégal perdra sa couronne continentale en plein tournoi. Inédit. Embarrassant.
Crise 3 — La rébellion au Comex
Seize membres du Comex en rébellion ouverte contre Abdoulaye Fall. Motif : 13 millions FCFA de primes distribuées sans consensus après la CAN 2025. Le responsable de la billetterie du Mondial a démissionné. D'autres menacent. Dans une fédération rongée par les conflits, gérer la logistique d'un Mondial devient un défi supplémentaire.
Crise 4 — La liste fantôme
Pape Thiaw n'a toujours pas annoncé sa liste à J-26. La France l'a fait. Le Brésil l'a fait. L'Espagne l'a fait. Le Sénégal attend. Cette absence de communication révèle des hésitations, des arbitrages difficiles, peut-être des tensions avec certains cadres. Une liste tardive laisse moins de temps pour construire le groupe collectivement.
Ce que les joueurs valent
Jackson (Bayern), Sarr, Dia, Ndiaye, Mané — sur le papier, l'une des attaques africaines les plus redoutables. Si Thiaw isole son groupe des turbulences institutionnelles, les 8es sont accessibles. La France le 16 juin au MetLife Stadium sera le test de vérité. Mais l'histoire du football mondial est formelle : les équipes qui arrivent dans le désordre repartent rarement avec des médailles.
