La décision est passée presque inaperçue dans le tourbillon de l'actualité footballistique. Pourtant, elle interpelle. La Confédération africaine de football a décidé de délocaliser la cérémonie des CAF Awards 2026 du Maroc vers Abuja, au Nigeria. Une rupture avec une habitude récente : quatre éditions consécutives de ces trophées avaient été organisées au Maroc, faisant du Royaume la vitrine incontournable du football africain continental.
Coïncidence ou signal politique ?
La question se pose légitimement. Cette décision intervient quelques mois après la finale controversée de la CAN 2025, dont l'affaire est toujours pendante devant le TAS. Patrice Motsepe, président de la CAF, a déclaré à France 24 qu'il avait «tiré les enseignements de ce qui s'est passé au Maroc» après la finale — une formulation sibylline qui peut s'interpréter de plusieurs façons. Soit la CAF tient compte des couacs organisationnels (même si la finale s'est bien passée sur le plan logistique). Soit il y a une volonté implicite de recalibrer la relation avec le Maroc, qui a de plus en plus de poids dans le football africain depuis le succès de 2022.
Le Nigeria comme vitrine alternative
Accueillir les CAF Awards à Abuja est aussi un signal fort envoyé au Nigeria, la nation la plus peuplée d'Afrique et l'un des marchés footballistiques les plus importants du continent. Le football nigérian cherche à retrouver son lustre d'antan. Organiser les CAF Awards dans le pays des Super Eagles, qualifiés pour le Mondial 2026, est une décision qui a du sens géopolitiquement.
Ce que ça change pour le Maroc
Pas grand-chose sur le fond. Le Maroc reste la nation africaine la mieux classée au monde (8e FIFA), champion d'Afrique en titre (reconnu par la CAF malgré l'affaire TAS), hôte de la CAN U17 2026, et copropriétaire du Mondial 2030 avec l'Espagne et le Portugal. La délocalisation des CAF Awards est symbolique — mais dans le football africain, les symboles comptent.
