Le football a parfois une cruauté particulière envers ceux qui se battent le plus pour revenir. Chadi Riad en sait quelque chose. Le défenseur central de Crystal Palace et des Lions de l'Atlas est sorti sur blessure lors du match de son club face à Brentford, avec une inquiétante torsion du genou. À 25 jours du coup d'envoi de la Coupe du Monde 2026, l'alerte est sérieuse.
La trajectoire de Riad depuis deux ans est celle d'un combattant. En 2025, une rupture du ligament croisé antérieur l'a cloué au sol pendant dix-huit mois. Dix-huit mois sans compétition, sans sélection, avec pour seul horizon les séances de rééducation et l'espoir d'un retour. En mars 2026, il a retrouvé le maillot national. Enfin. Le pire semblait derrière lui.
Mais le football n'a pas de mémoire. Dès le début du mois de mai, une nouvelle alerte musculaire lors du match face à Bournemouth avait fait frémir. Oliver Glasner, son entraîneur à Crystal Palace, avait rassuré — de simples crampes, une sortie de précaution. Soulagement. Puis la rechute face à Brentford est venue rappeler que le corps de Riad reste fragile, que chaque match est une négociation avec le risque.
Son agent a rapidement pris la parole pour rassurer : le joueur va bien, sa participation au Mondial n'est pas remise en cause. Des mots qu'on écoute avec attention tout en retenant son souffle.
Le vrai problème, c'est le contexte. La défense centrale des Lions de l'Atlas traverse une période d'incertitude profonde. Romain Saïss a pris sa retraite internationale. Nayef Aguerd traîne lui aussi des pépins physiques. Dans ce désert défensif, Riad était censé être l'un des piliers du dispositif d'Ouahbi. Un joueur de 22 ans, formé en Espagne, taillé pour durer. Sa blessure ouvre des questions auxquelles le sélectionneur n'avait pas envie de répondre si tôt.
Chadi Riad a encore le temps de récupérer. Le premier match du Maroc au Mondial n'est pas demain. Mais dans une compétition où la préparation physique compte autant que le talent, arriver sur les rotules est une hypothèque sur la performance. Le staff médical marocain suit le dossier de près. Le joueur, lui, se bat — comme il l'a toujours fait.
Il a surmonté dix-huit mois de rééducation pour être là. Personne ne l'effacera de la liste sans se battre. Ni les blessures, ni personne d'autre.
