Aller au contenu
AtlasFootball
AtlasFootballFútbol africano · Premium
«Le Maroc est une équipe de très grande qualité» : Ancelotti encaisse, la presse brésilienne s'enflamme

«Le Maroc est une équipe de très grande qualité» : Ancelotti encaisse, la presse brésilienne s'enflamme

EditorialBrésilMarocAncelotti
RRachid HM
··5 min de lectura

Au sortir du nul contre le Maroc (1-1), Carlo Ancelotti a reconnu une première période ratée et salué la qualité des Lions. Mais au Brésil, la presse ne pardonne pas : «inadmissible», «mauvais onze». Le sélectionneur déjà sous pression. Décryptage.

Traduciendo este artículo al español…

Le ton était glacial, l'ambiance lourde. Au sortir d'un nul concédé face au Maroc (1-1) pour l'entrée du Brésil dans les éliminatoires du Mondial 2026, Carlo Ancelotti n'a pas masqué sa contrariété. Le sélectionneur italien, dont la nomination avait déjà suscité un débat national, a reconnu une première période ratée, salué la qualité marocaine, mais refusé de dramatiser l'issue de cette confrontation. Au Brésil, pourtant, les critiques pleuvent déjà, transformant ce résultat en un véritable séisme. Ce tour d'horizon des réactions d'une soirée qui laisse la Seleção sur sa faim révèle des enjeux bien plus profonds que le simple score.

Ancelotti face au mur des attentes

L'ancien coach du Real Madrid n'a pas cherché d'excuses, ce qui est déjà une forme de reconnaissance de la performance adverse. «Je ne pense pas que nous ayons bien entamé le match, toute l'équipe était un peu nerveuse, nous avons perdu le contrôle du jeu trop souvent et concédé trop d'occasions. La première mi-temps n'a pas été bonne», a-t-il admis en conférence de presse d'après-match. Ces mots, prononcés par un tacticien de son envergure, résonnent avec une gravité particulière. Ils soulignent une faillite collective, rare pour une équipe brésilienne, surtout en ouverture d'une campagne de qualification.

Le technicien de 67 ans a pointé un manque d'intensité dans les duels, une carence impensable pour une nation réputée pour sa grinta. «Nous n'avons pas bien joué : peu de duels, une équipe très déséquilibrée, nous avons perdu plusieurs ballons et je pense que nous devons faire mieux à ce niveau», a-t-il analysé. Une lucidité qui tranche cruellement avec le statut de favori du Brésil, et qui met en lumière les défis colossaux qui l'attendent à la tête de la Seleção. La pression est immense, et Ancelotti sait qu'il est attendu au tournant.

L'éloge appuyé du Maroc, une reconnaissance amère

Surtout, Ancelotti a rendu un hommage appuyé à l'adversaire, une reconnaissance qui, dans la bouche d'un tel monument du football, prend toute sa valeur. «C'était un match difficile car le Maroc est une équipe de très grande qualité. En première mi-temps, ils ont très bien échappé au pressing et se sont créé de nombreuses contre-attaques dangereuses. Nous aurions dû mieux contrôler le match», a-t-il reconnu. Un constat qui confirme ce qu'il avait annoncé avant le tournoi : le Maroc est l'adversaire le plus dangereux de son groupe. Une prémonition transformée en réalité, qui valide la progression fulgurante des Lions de l'Atlas sur la scène mondiale.

Une philosophie à l'épreuve de la ferveur brésilienne

Sur le résultat lui-même, le coach italien a relativisé, tentant d'apaiser les esprits. «Je ne suis pas déçu par ce résultat, mais je ne suis pas satisfait non plus», a-t-il glissé. Une position nuancée, empreinte de l'expérience des longs marathons de qualification. Avant une phrase qui résume sa philosophie de gestion de carrière et de tournoi : «On ne gagne pas une Coupe du monde sur son premier match.» Ancelotti a aussi prévenu que son onze de départ ne resterait pas figé tout au long du tournoi, annonçant déjà des ajustements. Le Brésil affronte Haïti au prochain match, une occasion de se relancer et de montrer un tout autre visage, mais la blessure psychologique est déjà là.

Dans le vestiaire brésilien, Bruno Guimarães a livré une analyse plus mesurée, tentant de tempérer la déception. «Le match nul est un bon résultat. On était mieux en première période et eux ont mieux fait en seconde période. C'est le foot. On n'a pas été bien au début, trop nerveux. On a raté des passes qu'on n'a pas l'habitude de manquer. On a souffert. Mais pour moi, le nul était juste», a reconnu le milieu, buteur indirect puisque passeur sur l'égalisation de Vinicius. Une tentative de rationalisation qui peinait à masquer l'amertume.

La presse brésilienne, impitoyable et déchaînée

Si Ancelotti est resté mesuré, les médias brésiliens, eux, se sont déchaînés, reflétant la ferveur et l'exigence démesurée qui entourent la Seleção. Pour O Globo, «difficile de tirer un seul point positif de la première rencontre de la Seleção», dans un match où «le Brésil n'a même pas entrevu la victoire». Des mots qui sonnent comme une sentence. L'ancien international Felipe Melo a été cinglant, n'hésitant pas à attaquer directement les choix du sélectionneur : «Ancelotti est l'un des plus grands entraîneurs de l'histoire, mais il ne peut pas se permettre ces erreurs. Il a aligné le mauvais onze de départ. Ce qui est inadmissible, c'est que le Brésil reste passif et encaisse un but de cette manière.» Melo est allé jusqu'à juger le Maroc «bien meilleur» que la Seleção sur l'ensemble de la rencontre, une déclaration incendiaire qui témoigne de la profondeur du choc.

Le revers de la médaille marocaine : la confirmation d'une nouvelle ère

Ces réactions en disent long sur le chemin parcouru par le football marocain. Quand le sélectionneur du Brésil et sa presse reconnaissent la supériorité marocaine sur une mi-temps, quand un ancien international juge les Lions «bien meilleurs» que la Seleção, c'est que les Lions ont marqué les esprits de manière indélébile. Le nul a un goût de demi-déception pour le Maroc, qui, au vu des occasions franches, aurait pu l'emporter et s'offrir une victoire historique. Mais il a surtout valeur de symbole retentissant : le Maroc n'impressionne plus, il domine, il bouscule les hiérarchies établies. Et même les plus grands, les nations historiques du football mondial, sont contraints de le reconnaître. Cette performance confirme que l'épopée qatarie n'était pas un simple feu de paille, mais bien le début d'une nouvelle ère pour le football africain. Place à l'Écosse pour les Lions, le 19 juin, avec la certitude d'être désormais craints et respectés sur tous les continents. 🦁

Partager cet article
0 comentarios

Dejar un comentario

No te pierdas el fútbol africano

Noticias, análisis y exclusivas en tu correo.