Lekjaa brise le silence sur l'influence marocaine à la CAF
Le football africain est un nid à rumeurs, et l'une des plus persistantes ces dernières années concerne la prétendue mainmise du Maroc sur la Confédération africaine de football (CAF). Fouzi Lekjaa, l'homme fort de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et membre influent du comité exécutif de la CAF, a enfin pris la parole. Dans un entretien accordé à Onze Mondial, Lekjaa a balayé les soupçons avec une thèse claire : le Maroc ne fait que défendre ses intérêts légitimes et, par extension, ceux du football continental.
Les critiques sont monnaie courante : le choix des pays hôtes pour la CAN, les décisions arbitrales, l'attribution des compétitions continentales... Autant de sujets où l'ombre marocaine est souvent pointée du doigt. Lekjaa, lui, retourne l'argument. Si le Maroc est omniprésent, c'est parce qu'il investit massivement, qu'il propose des infrastructures modernes et qu'il se positionne comme un acteur majeur du développement du football africain. Faut-il reprocher à un pays d'être ambitieux et efficace ? La question est posée.
Une stratégie d'influence légitime ou une emprise excessive ?
Le Maroc a clairement affiché ses ambitions sur l'échiquier africain et mondial. L'organisation réussie de la Coupe du Monde des Clubs, la candidature pour la Coupe du Monde 2030 aux côtés de l'Espagne et du Portugal, et l'investissement colossal dans les infrastructures sportives ne sont pas le fruit du hasard. Ils sont le résultat d'une stratégie pensée, portée par des hommes comme Lekjaa qui occupent des positions clés à la FIFA et à la CAF. Cette visibilité et cette influence sont perçues par certains comme une domination, par d'autres comme un simple leadership assumé.
« On ne peut pas le reprocher au Maroc d'être ambitieux et de travailler pour le rayonnement du football africain. Si d'autres pays veulent prendre le même chemin, ils sont les bienvenus. »
La réalité est complexe. L'arrivée de Patrice Motsepe à la tête de la CAF a coïncidé avec un renforcement des liens avec le Maroc. Si cela a apporté une certaine stabilité et des ressources financières, cela a aussi alimenté les fantasmes d'une influence démesurée. Lekjaa rejette cette lecture, arguant que toutes les nations africaines devraient aspirer à ce niveau d'engagement. Il met en avant les bénéfices collectifs : une meilleure organisation des compétitions, une augmentation des revenus pour les fédérations, et une professionnalisation accrue.
L'avenir du football africain entre ambition et suspicion
La réponse de Lekjaa est une piqûre de rappel : le Maroc ne s'excuse pas de son dynamisme. Il ne s'agit pas de nier les enjeux de pouvoir, inhérents à toute institution sportive, mais de les contextualiser. Le Maroc, avec ses moyens et sa vision, a su se rendre indispensable. Que ce soit dans les coulisses des grandes décisions ou sur le terrain, avec des performances remarquées comme la demi-finale de la Coupe du Monde 2022. Le fait est que le football africain a besoin de locomotives.
La ligne de défense est claire : le Maroc ne cherche pas à contrôler la CAF, mais à la rendre plus forte. Cette posture, bien que compréhensible, ne suffira pas à éteindre toutes les voix discordantes. Le débat sur l'équité et la représentativité au sein de la CAF restera vif. Mais une chose est certaine : le Maroc, sous l'impulsion de Lekjaa, ne compte pas lever le pied. Et c'est sans doute ce qui dérange le plus.
La fondation de l'argumentaire de Fouzi Lekjaa ne repose pas uniquement sur des promesses d'investissement, mais sur des résultats sportifs tangibles qui ont redessiné la carte du football africain. L'épopée historique des Lions de l'Atlas lors de la Coupe du Monde 2022 au Qatar, où ils ont atteint les demi-finales, est la vitrine la plus éclatante de cette stratégie. Cette performance inédite pour une nation africaine et arabe n'est pas le fruit du hasard, mais l'aboutissement d'une décennie de travail acharné sur la formation, les infrastructures – à l'image de l'Académie Mohammed VI de Football, devenue une référence continentale – et la professionnalisation des championnats locaux. Les clubs marocains, à l'instar du Wydad de Casablanca, double vainqueur de la Ligue des Champions de la CAF en 2017 et 2022, et finaliste en 2023, ou du Raja de Casablanca, continuent également de dominer les compétitions interclubs, confirmant une suprématie sur le terrain qui légitime, aux yeux de Lekjaa, la voix prépondérante du Maroc au sein des instances continentales. Cette réussite sportive est devenue un argument massue face à toute allégation de simple "influence politique".
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