Lekjaa reste en poste, l'élection reportée
Le suspense autour de la présidence de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) se prolonge. Alors que la fin du troisième mandat de Fouzi Lekjaa était attendue ce vendredi 6 juin 2026, la FRMF a finalement décidé de repousser son assemblée générale élective au mois de septembre. Cette décision, annoncée par Afrik-Foot le 6 juin 2026, prolonge de fait le mandat de l'homme fort du football marocain.
Réunie au Complexe Mohammed VI, la FRMF a tenu successivement une assemblée générale extraordinaire puis une assemblée générale ordinaire. Ces réunions ont permis l'adoption à l'unanimité de plusieurs modifications statutaires et l'approbation des rapports moral et financier de l'exercice écoulé. Mais le fait marquant reste le report de l'élection présidentielle. En attendant septembre, Fouzi Lekjaa continue d'exercer pleinement ses fonctions à la tête de la fédération.
Un troisième mandat prolongé, un quatrième en vue ?
Élu pour la première fois en avril 2014, Fouzi Lekjaa s'apprête à boucler plus de douze années à la tête du football marocain. Malgré la durée de son mandat, rien ne l'empêche juridiquement de se représenter. La loi marocaine 30.09 relative à l'éducation physique et aux sports prévoit cette possibilité, contrairement à ce que certains pourraient penser.
Lekjaa est largement considéré comme le grand favori à sa propre succession. Son bilan, marqué par des succès notables de la sélection nationale et le développement des infrastructures, plaide en sa faveur. Le report de l'élection à septembre lui offre une période supplémentaire pour consolider sa position, si besoin était.
Un contexte de stabilité pour le football marocain
La prolongation de Fouzi Lekjaa à la tête de la FRMF s'inscrit dans une période de stabilité pour le football marocain. Sous sa direction, les Lions de l'Atlas ont atteint des sommets historiques, notamment lors de la Coupe du Monde 2022. Le Maroc s'est également positionné comme un acteur majeur sur la scène continentale, avec l'organisation de plusieurs compétitions et une influence croissante au sein de la CAF.
Ce report de l'élection ne devrait pas perturber la feuille de route de la fédération. Les projets en cours, qu'il s'agisse des qualifications pour la Coupe du Monde 2026 ou de l'organisation de la CAN 2027, devraient se poursuivre sans accroc, avec Lekjaa toujours aux commandes.
L'ère Lekjaa a propulsé le football marocain sur la scène mondiale. Point culminant : le Mondial 2022. Les Lions de l'Atlas ont brisé tous les plafonds de verre. Première nation africaine et arabe à atteindre les demi-finales d'une Coupe du Monde. Un parcours époustouflant : victoires contre la Belgique (2-0), l'Espagne (0-0, 3-0 tab
Le World Cup 2022 au Qatar reste le pinacle de son ère. Une demi-finale historique, première pour une nation africaine. Ce parcours a redéfini les ambitions du continent. Sous sa houlette, le football marocain a également dominé la scène continentale des clubs. Le Wydad Casablanca a soulevé la Ligue des Champions de la CAF à deux reprises (2017, 2022). Le Raja Casablanca a brillé en Coupe de la Confédération. Cette hégémonie n'est pas fortuite. Elle résulte d'investissements massifs dans les infrastructures. Le Complexe Mohammed VI de Maâmora en est le fleuron. Il est devenu une référence mondiale pour la préparation et la formation. Ces succès ont propulsé Lekjaa sur la scène internationale. Il est aujourd'hui troisième Vice-Président de la CAF et membre influent du Conseil de la FIFA. Sa voix pèse lourd dans les décisions du football mondial. L'obtention de l'organisation de la CAN 2025 et la co-organisation du Mondial 2030 sont des victoires diplomatiques majeures, symboles de cette influence grandissante.
Cette prolongation de mandat place Lekjaa face à des défis colossaux. L'organisation de la Coupe d'Afrique des Nations 2025 à domicile est une pression immense. Le Maroc, vainqueur une seule fois en 1976, vise clairement le titre devant son public. C'est l'objectif sportif numéro un. La préparation du Mondial 2030, co-organisé avec l'Espagne et le Portugal, représente un chantier titanesque. Il faudra moderniser les stades, développer les infrastructures d'accueil et garantir une logistique irréprochable. Sur le plan sportif, la pérennité des performances des Lions de l'Atlas est cruciale. Le développement du football féminin, après le parcours impressionnant des Lionnes de l'Atlas à la Coupe du Monde 2023, demeure une priorité. Il s'agit de structurer les championnats jeunes et professionnels pour assurer la relève. La Botola Pro doit aussi continuer sa mue, pour rivaliser avec les ligues majeures du continent et attirer les talents.
La longévité de Fouzi Lekjaa le place dans un cercle très fermé de dirigeants sportifs. Son influence est comparable, à l'échelle africaine, à celle d'un Issa Hayatou, mais avec une image modernisée et axée sur les résultats concrets. Il incarne une ère de professionnalisation et d'ambition sans précédent pour le football marocain. Sous sa direction, le Maroc est passé d'un acteur régional à une puissance footballistique mondiale. Le défi majeur reste de maintenir ce cap. La gestion des attentes est primordiale, surtout après les succès récents. La question de la succession se posera inévitablement. Son maintien à la tête de la FRMF assure une continuité stratégique. Mais il retarde aussi l'émergence d'une nouvelle génération de dirigeants. Son héritage sera jugé sur la capacité du Maroc à transformer ses succès passés en une domination durable, sur et en dehors des terrains.
