On voulait dix nations africaines pour faire trembler le monde. Après deux journées, le bilan est plus nuancé — et passionnant. Certaines sélections confirment que le football africain a franchi un cap. D'autres rappellent que le chemin reste long. Entre planeurs et naufragés, le continent avance à deux vitesses. État des lieux.
Ceux qui planent
En tête de gondole, le Maroc. Un nul référence contre le Brésil, une victoire maîtrisée sur l'Écosse, la tête du groupe C. Les Lions assument leur statut de favori africain numéro un. Juste derrière, l'Égypte de Salah, qui a renversé la Nouvelle-Zélande (3-1) portée par son capitaine de légende. Deux nations qui dégagent une vraie sérénité.
Ceux qui émerveillent
La catégorie des surprises. Le Cap-Vert, archipel de 560 000 habitants, a tenu en échec l'Espagne puis l'Uruguay (deux fois 0-0), et se retrouve aux portes des seizièmes pour sa première Coupe du monde. Un conte de fées. La Côte d'Ivoire, elle, se bat dans un groupe relevé avec l'Allemagne. Ces équipes-là incarnent le nouveau visage du football africain : organisé, solide, sans complexe.
Ceux qui se débattent
L'Algérie a connu l'enfer puis le sursaut : battue par l'Argentine, elle s'est relancée in extremis contre la Jordanie (2-1). Encore vivante, mais dans la douleur. Une éclaircie dans une zone de turbulences.
Ceux qui coulent
Et puis il y a les déceptions. Le Sénégal, surtout. Champions d'Afrique sur le terrain il y a quelques mois, les Lions de la Téranga ont perdu contre la France puis la Norvège (3-2), plombés par les erreurs de Koulibaly. Au bord de l'élimination, ils jouent leur survie vendredi contre l'Irak. La Tunisie, balayée par la Suède (5-1), est dans une situation tout aussi critique. Deux poids lourds annoncés, deux désillusions.
Le verdict provisoire
Le football africain de 2026 n'est pas un bloc homogène. Il y a désormais une élite — Maroc, Égypte — capable de rivaliser avec n'importe qui, des outsiders qui surprennent — Cap-Vert, Côte d'Ivoire — et des géants déchus qui paient leur manque de rigueur. Le continent progresse, indéniablement. Mais ce Mondial montre aussi que le talent ne suffit plus : il faut l'organisation, la constance, la mentalité. Le Maroc l'a compris. À voir qui suivra. 🌍🦁
