Le fantôme de 2006 plane sur Budapest
Arsenal s'apprête à défier le Paris Saint-Germain en finale de la Ligue des Champions à la Puskas Arena de Budapest ce samedi. Un rendez-vous historique, vingt ans après leur unique apparition à ce stade de la compétition, une défaite 2-1 face à Barcelone en 2006. Mikel Arteta, auréolé d'un titre de champion de Premier League, a l'opportunité de réaliser ce qu'Arsène Wenger n'a jamais pu : soulever la coupe aux grandes oreilles. Mais comment cette équipe de 2026, fraîchement couronnée, se mesure-t-elle à la légende des « Invincibles » de 2006 ? C'est la question qui agite les supporters et les observateurs.
L'équipe de Wenger, en 2006, comptait des noms stellaires comme Thierry Henry, Ashley Cole et Cesc Fabregas. Elle avait surtout établi un record européen de 10 clean sheets consécutifs en éliminant le Real Madrid, la Juventus et Villarreal. Une machine défensive implacable. Aujourd'hui, l'Arsenal d'Arteta, bien que champion d'Angleterre, se présente face à un PSG que les modèles statistiques d'Opta donnent légèrement favori, avec 42% de chances de l'emporter contre 30% pour les Gunners.
Gardiens et défenses : l'héritage des murs
Le poste de gardien de but offre un premier point de comparaison saisissant. En 2006, Jens Lehmann, l'international allemand, avait vu sa finale écourtée par un carton rouge à la 18e minute. Un fait de jeu qui avait marqué l'histoire. En 2026, David Raya est un candidat sérieux au titre de joueur de la saison, fort de 19 clean sheets en Premier League et de son troisième Golden Glove consécutif. L'Espagnol offre une fiabilité que Lehmann, malgré son palmarès, n'avait pas pu garantir ce soir-là.
En défense, le débat est encore plus vif. La charnière de 2006, composée de Sol Campbell et Kolo Touré, était le cœur des « Invincibles ». Campbell, buteur en finale, et Touré, transformé par Wenger, incarnaient la solidité. Sur les côtés, Emmanuel Eboué et Ashley Cole, ce dernier considéré comme l'un des meilleurs arrières gauches de l'histoire de la Premier League. En 2026, William Saliba, élu trois fois de suite dans l'équipe de l'année de la PFA (2023-2025), et Gabriel, un autre prétendant au titre de joueur de la saison avec sept implications sur des buts (trois buts, quatre passes décisives), forment une paire redoutable. Leur duo se classe même deuxième derrière Rio Ferdinand et Nemanja Vidic en termes de clean sheets depuis 2000. À droite, l'absence de Ben White, blessé, pourrait ouvrir la porte à Jurrien Timber, si ce dernier revient à temps. À gauche, Arteta a fait tourner entre Riccardo Calafiori, Piero Hincapie et le jeune Myles Lewis-Skelly. La profondeur de banc actuelle est indéniable, mais la légende des « Invincibles » reste un poids lourd.
Milieux et attaques : la créativité face à la puissance
Le milieu de terrain de 2006 était un bloc de cinq joueurs, avec Gilberto Silva, le vainqueur de la Coupe du Monde 2002, surnommé « le mur invisible », en sentinelle. À ses côtés, le jeune Cesc Fabregas, déjà maître à jouer. Une combinaison de puissance et de vision. L'attaque était menée par le légendaire Thierry Henry, sans doute le plus grand joueur de l'histoire du club, capable de faire basculer un match à lui seul. En 2026, l'équipe d'Arteta s'appuie sur une nouvelle génération de talents. Declan Rice, Martin Ødegaard et Bukayo Saka sont les fers de lance d'une attaque dynamique. Leandro Trossard, Myles Lewis-Skelly, Declan Rice et Eberechi Eze ont tous exprimé leur soif de victoire avant la finale, signe d'une détermination collective. Le choix entre la finesse technique d'un Henry et la puissance collective de l'attaque actuelle est un dilemme de luxe. L'équipe de 2006 avait la force de l'expérience et des icônes ; celle de 2026, la fougue de la jeunesse et une cohésion tactique impressionnante. Le verdict tombera ce samedi.
