Motsepe sur le départ de la CAF en 2027 ?
Le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, pourrait ne pas aller au bout de son mandat. Des rumeurs insistantes, relayées notamment par l'insider marocain Youssefamz13, suggèrent un départ dès 2027, soit deux ans avant la fin de son mandat actuel qui court jusqu'en 2029. Réélu en mars 2025 pour un nouveau mandat de quatre ans, Motsepe avait pour mission de poursuivre les réformes engagées depuis son arrivée en 2021. Un départ en 2027 serait donc une démission, et non une simple non-candidature.
Une ambition politique en Afrique du Sud
L'hypothèse d'un départ de la CAF est directement liée à un éventuel avenir politique en Afrique du Sud. Le nom de Patrice Motsepe circule depuis plusieurs mois dans la sphère politique de son pays. La succession de l'actuel président Cyril Ramaphosa à la tête de l'historique parti ANC est en question. Un nombre croissant d'observateurs voient en Motsepe l'un des rares profils capables de rassembler un parti fragilisé par ses récents résultats électoraux.
« Patrice Motsepe pourrait ne pas se représenter en 2027 à la tête de la Confédération africaine de football. Le président de la CAF souhaiterait désormais briguer la présidence de son pays, l’Afrique du Sud. »
— Youssef (@youssefamz13) 1er juin 2026
Magnat des mines, homme d'affaires influent et personnalité respectée, Motsepe dispose d'un profil susceptible de séduire une partie de l'électorat sud-africain. Bien qu'il ait toujours affirmé ne pas être intéressé par une carrière politique, les spéculations s'intensifient autour de cette possibilité.
Quel impact pour le football africain ?
Sous sa présidence, la CAF a retrouvé une certaine stabilité institutionnelle et financière. Un départ prématuré de Patrice Motsepe en 2027 soulèverait inévitablement des questions sur la continuité des projets en cours et la gouvernance future de l'instance continentale. Pour l'heure, aucune confirmation officielle n'indique qu'il prépare réellement son départ. Le dossier reste chaud et pourrait connaître des développements majeurs dans les prochains mois.
L'arrivée de Patrice Motsepe à la tête de la CAF en mars 2021 n'était pas un hasard. Ancien propriétaire du puissant club sud-africain Mamelodi Sundowns, qu'il a transformé en une référence continentale avec notamment une Ligue des Champions CAF en 2016 et de multiples titres de Premier Soccer League (PSL), Motsepe a toujours eu un pied dans le football. Sa fortune, estimée à plusieurs milliards de dollars grâce à ses activités minières, lui conférait une indépendance financière rare. Son élection intervenait après une période de turbulences sans précédent, marquée par la suspension d'Ahmad Ahmad pour des malversations financières. Motsepe, perçu comme un homme d'affaires avisé et intègre, s'était présenté avec un programme axé sur la bonne gouvernance, la professionnalisation des instances et la relance économique du football africain. Il était également vu, par certains observateurs, comme le candidat favori de la FIFA et de son président Gianni Infantino, désireux de stabiliser une confédération stratégique.
Durant son mandat, Motsepe a initié plusieurs réformes majeures. Sur le plan financier, il a promis et mis en œuvre une augmentation significative des dotations pour la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) et les compétitions interclubs, visant à renforcer l'attractivité et la compétitivité du football africain. La CAN 2023 en Côte d'Ivoire, saluée pour son organisation et son spectacle, a été un point d'orgue de sa présidence, démontrant la capacité du continent à organiser des événements majeurs. Cependant, la pierre angulaire de son projet reste la Super League africaine, lancée en 2023 sous le nom de "African Football League". Malgré un format réduit pour sa première édition et des questions persistantes sur sa viabilité économique à long terme, cette compétition vise à générer des revenus substantiels pour les clubs et à élever le niveau du football de clubs sur le continent. L'introduction progressive de la VAR et la formation des arbitres figuraient également parmi ses chantiers prioritaires, témoignant d'une volonté de moderniser les standards de jeu et d'équité sportive.
Un départ de Motsepe en 2027, deux ans avant la fin de son second mandat, plongerait la CAF dans une nouvelle incertitude. La Super League, encore en phase de rodage, aurait besoin d'une main ferme pour s'ancrer durablement dans le paysage. Les préparatifs des futures CAN, notamment celle de 2025 au Maroc et de 2027 (co-organisée par le Kenya, l'Ouganda et la Tanzanie), exigent une continuité de leadership pour garantir leur succès. La question de sa succession serait alors cruciale. Les vice-présidents actuels, tels que Augustin Senghor (Sénégal), Ahmed Yahya (Mauritanie) ou Fouzi Lekjaa (Maroc), sont des figures influentes, mais l'émergence d'un consensus autour d'un nouveau leader serait un défi. Historiquement, la CAF a connu des périodes de stabilité prolongée sous Issa Hayatou (1988-2017), mais aussi des intermèdes plus chaotiques. Le prochain président devra non seulement assurer la pérennité des projets lancés, mais aussi naviguer dans les eaux complexes des politiques footballistiques continentales et des relations avec la FIFA, tout en poursuivant l'objectif de réduire l'écart avec les autres confédérations mondiales en termes d'infrastructures, de formation et de performance sportive. La perspective d'un tel changement à mi-mandat poserait la question de la stabilité institutionnelle et de la vision à long terme du football africain.
