L'information est tombée ce vendredi 22 mai et a immédiatement enflammé les réseaux sociaux marocains. Selon le quotidien sportif catalan Sport, la FRMF — la Fédération Royale Marocaine de Football — surveille de très près la situation de Pep Guardiola. Le contexte ? L'entraîneur espagnol vient de confirmer officiellement son départ de Manchester City à l'issue de la saison 2025-2026. Et plusieurs grandes institutions du football mondial se sont immédiatement positionnées pour récupérer l'un des coachs les plus titrés de l'histoire.
Guardiola libre — la bataille mondiale commence
Dix ans. C'est la durée du règne de Pep Guardiola à Manchester City. Huit titres de Premier League, deux Ligues des champions, des dizaines de trophées domestiques — le bilan est historique. Mais après une saison 2025-2026 difficile, marquée par des performances en dent de scie en championnat et une élimination prématurée en Ligue des champions, Guardiola a choisi de ne pas aller au bout de son contrat qui courait jusqu'en juin 2027. La décision est prise. Guardiola sera libre cet été.
La nouvelle a déclenché une ruée mondiale. L'Arabie Saoudite a été la première à dégainer — selon plusieurs médias européens, la SAFF aurait formulé une offre proprement ahurissante : entre 80 et 90 millions d'euros par saison, primes comprises. Un chiffre qui place Guardiola au rang des personnalités sportives les mieux rémunérées de la planète si l'offre était acceptée. Les Émirats arabes unis seraient également sur le coup. En club, la Juventus et l'AC Milan ont sondé son entourage. Et Manchester City lui a même proposé un poste d'ambassadeur du City Football Group en guise de cadeau d'adieu — avec une tribune de l'Etihad Stadium rebaptisée en son honneur.
Le Maroc dans la course — ce que dit Sport
C'est dans ce contexte agité que le quotidien Sport — réputé pour ses sources solides dans le milieu du football espagnol — a glissé une information qui a tout de suite électrisé la communauté marocaine. Selon le journal catalan, la FRMF suit de près la situation de Guardiola et le verrait comme un profil capable de booster son projet et de faire du Maroc une nation incontournable du football mondial sur le long terme.
La logique est séduisante sur le papier. Après la demi-finale historique du Qatar en 2022 et la CAN 2025, le Maroc est en pleine ascension. Lekjaa et la FRMF ont montré leur capacité à frapper fort : recrutement de Regragui, politique binationale agressive, infrastructure de premier plan avec le Complexe Mohammed VI. Recruter Guardiola serait le coup de communication le plus retentissant de l'histoire du football africain — et un signal d'ambition clair pour le Mondial 2030, co-organisé par le Maroc avec l'Espagne et le Portugal.
Les obstacles — et ils sont nombreux
Mais entre l'information de Sport et une réalité contractuelle, il y a un gouffre. Premier obstacle : Guardiola n'aurait pas l'intention, dans l'immédiat, d'accepter un poste — ni en sélection ni en club. Son entourage a laissé entendre qu'il souhaitait prendre du recul, souffler, peut-être voyager. L'idée de prendre les rênes d'une sélection nationale pour la Coupe du monde 2030 circule dans son camp depuis plusieurs mois — mais 2030, c'est dans quatre ans.
Deuxième obstacle : le Maroc a déjà un sélectionneur. Mohamed Ouahbi, nommé en mars 2026 après la démission de Regragui, s'apprête à mener les Lions de l'Atlas au Mondial 2026. Son bilan est encore vierge — impossible de le remplacer avant même d'avoir vu son équipe jouer en Coupe du monde. Lekjaa ne fera pas ça.
Troisième obstacle : le projet saoudien est financièrement inaccessible pour la FRMF. 80 à 90 millions d'euros par saison, c'est le budget annuel entier de nombreuses fédérations africaines. Le Maroc ne peut tout simplement pas aligner ces chiffres.
Guardiola et le Maroc — un lien qui existe déjà
Ce qui est vrai, en revanche, c'est que Guardiola et le Maroc ne sont pas étrangers l'un à l'autre. En mars 2026, le technicien catalan avait évoqué publiquement la situation de la CAN 2025, commentant sobrement le verdict de la CAF donnant la victoire au Maroc : «C'est une décision prise en coulisses. Je n'ai pas d'avis tranché.» Une réponse mesurée, mais qui montrait qu'il suivait l'actualité du football marocain.
Et plus symboliquement, Guardiola avait été aperçu lors d'un match de Gérone en mai 2026 — le club appartenant au City Football Group — ce qui avait déclenché des rumeurs folles sur un intérêt pour Azzedine Ounahi. L'information s'était avérée fausse concernant Ounahi, mais elle illustre à quel point le nom de Guardiola est devenu un réflexe d'espoir dans la communauté marocaine.
Le verdict — rêve ou réalité ?
Pour l'instant, Guardiola au Maroc c'est davantage une information de positionnement qu'une négociation avancée. La FRMF suit la situation — comme elle suit celle de tout grand entraîneur libre sur le marché. Mais entre suivre et recruter, il y a le Mondial 2026, la saison d'Ouahbi à évaluer, et un budget qui ne peut pas rivaliser avec l'Arabie Saoudite. La vraie question à se poser n'est pas «Guardiola va-t-il venir au Maroc demain ?» — mais «Le Maroc est-il en train de se positionner pour après le Mondial 2026 ?» Et là, la réponse est peut-être oui.
