C'est dans la sérénité revendiquée qu'Achraf Hakimi s'est présenté ce vendredi devant la cour d'appel de Versailles pour contester son renvoi devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine. Une étape judiciaire de plus dans une affaire qui dure depuis plus de trois ans — et que le capitaine des Lions de l'Atlas aborde avec la même ligne de défense, la même posture publique, et le même mot d'ordre : la vérité finira par éclater.
Ce que dit la loi : la présomption d'innocence
Il est essentiel de le rappeler avec force : Achraf Hakimi n'a été reconnu coupable de rien. Aucune condamnation n'a été prononcée. En droit français, comme dans tout État de droit, toute personne est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie par une juridiction compétente. Un renvoi en procès n'est pas une condamnation — c'est une décision procédurale qui dit qu'une affaire mérite d'être jugée. Rien de plus. Hakimi a le droit, comme tout citoyen, de contester cette décision devant la cour d'appel. Et c'est exactement ce qu'il fait.
Hakimi a toujours nié — et il conteste
Depuis le premier jour, depuis février 2023, Achraf Hakimi conteste les accusations portées contre lui. Il a toujours affirmé n'avoir eu que des étreintes et des baisers consentis, rejetant catégoriquement tout acte de pénétration. Sa défense, menée par Me Fanny Colin, a immédiatement fait appel de l'ordonnance de renvoi rendue en février 2026 par la juge d'instruction. L'avocate s'est dite «sidérée» par cette décision et s'interroge même publiquement sur l'influence de la notoriété de son client dans la balance judiciaire.
Hakimi lui-même, dans un post publié sur X le jour du renvoi, avait écrit avec calme et dignité : «Aujourd'hui une accusation de viol suffit à justifier un procès alors même que je la conteste et que tout démontre qu'elle est fausse. C'est aussi injuste pour les innocents que pour les victimes sincères. J'attends avec calme ce procès qui permettra que la vérité éclate publiquement.» Une déclaration mesurée, qui dit tout de l'état d'esprit d'un homme qui ne fuit pas la justice — il la réclame.
Un mental d'acier malgré la pression
Ce qui frappe, depuis le début de cette affaire, c'est la capacité d'Hakimi à dissocier sa vie extrajudiciaire de ses performances sportives. Renvoyé en procès un mardi soir de février, il était sur la feuille de match le mercredi suivant contre Monaco en Ligue des champions. Luis Enrique avait simplement déclaré : «C'est entre les mains de la justice.» Le PSG n'a jamais remis en cause la place de son joueur dans l'effectif. Et Hakimi a continué — finale de Ligue des champions bouclée avec le PSG, 5e titre de Ligue 1, record africain de titres en championnat de France.
En avril, lors d'une conférence de presse avant un match de LDC, il avait déclaré : «Je sais que cette accusation est fausse, je suis tranquille. Je laisse cela entre les mains de mes avocats et de la justice.» Tranquille. Le mot est fort pour un homme qui vit sous pression médiatique permanente depuis trois ans. Mais c'est le mot qu'il choisit. Et sa carrière de ces derniers mois plaide pour lui : on ne joue pas comme ça, on ne gagne pas autant de titres, on ne mène pas une équipe nationale avec ce sang-froid si l'on est psychologiquement brisé.
Budapest le 30 mai, Maroc le 13 juin — les seules priorités
Aujourd'hui, après son passage à la cour d'appel, Hakimi retourne à ses priorités sportives. Le 30 mai à Budapest, finale de la Ligue des champions face à Arsenal. Puis le 31 mai, envol pour le New Jersey, camp de base marocain à Basking Ridge. Et le 13 juin, premier match du Mondial 2026 : Maroc-Brésil au MetLife Stadium. Son agenda est chargé comme rarement dans l'histoire du football. Et c'est là que se joue la vraie bataille pour Hakimi en ce moment — pas dans les couloirs d'un tribunal, mais sur les pelouses des stades.
La justice suivra son cours, comme elle doit le faire dans un État de droit. Mais en attendant, Achraf Hakimi est présumé innocent. Il le clame. Son avocate le défend bec et ongles. Et les Lions de l'Atlas ont besoin de leur capitaine — entier, focalisé, prêt. Le reste appartient aux juges.
