Il y a les onze sur le terrain. Et il y a les autres, dans les tribunes, qui chantent jusqu'à n'avoir plus de voix. Depuis le début de ce Mondial, une évidence saute aux yeux : où que joue le Maroc, le Maroc joue à domicile. Et ce soir contre Haïti ne fera pas exception.
Un Mondial à domicile, à des milliers de kilomètres
Rouge et vert à perte de vue, drapeaux qui ondulent, tifos improvisés, chants qui couvrent ceux d'en face. Les stades de ce Mondial se transforment, le temps d'un match, en annexes du Complexe Mohammed VI. La diaspora marocaine, présente sur tout le continent américain, répond présent à chaque rendez-vous.
Ce n'est pas un détail folklorique. C'est une arme. Demandez aux adversaires ce que ça fait de jouer dans une enceinte acquise à l'autre camp, avec une pression sonore qui ne retombe jamais. Le douzième homme marocain ne figure sur aucune feuille de match, mais il pèse sur chacun d'eux.
2022 n'était pas un accident
On se souvient tous de ce qu'a été le Mondial au Qatar : une marée humaine derrière les Lions, une ferveur qui a porté l'équipe jusqu'au dernier carré. Beaucoup pensaient que c'était lié à la proximité géographique, à la facilité de déplacement depuis le Maroc et l'Europe.
Erreur. Depuis le coup d'envoi de cette édition, la diaspora prouve que ce soutien ne connaît pas de frontières. De ville en ville, elle se déplace, s'organise, remplit les gradins. Le Maroc a peut-être l'avantage le plus rare d'un tournoi : il n'a jamais vraiment de match à l'extérieur.
Le douzième homme ne prend jamais de jour off
Et le plus beau, c'est que ça ne faiblit jamais. Match référence contre le Brésil ou match « à finir » contre Haïti, l'engagement des supporters reste le même. Parce que pour eux, il ne s'agit pas seulement de football. Il s'agit d'identité, de fierté, d'un drapeau qu'on porte loin de chez soi.
Ce soir encore, ils seront là. Avant le coup d'envoi déjà, dans les rues, autour du stade. Pendant les 90 minutes, debout. Et longtemps après le coup de sifflet final, peu importe le score.
Les joueurs le savent et le rendent bien. Cette équipe et son public forment un même bloc. Sur le terrain, onze Lions. Dans les tribunes, des dizaines de milliers d'autres. Ensemble, ils transforment chaque match en une soirée à la maison.
