C'était le dernier rendez-vous à domicile. Ce soir, le Stade Prince Moulay Abdallah de Rabat a vibré une dernière fois avec les Lions de l'Atlas avant le départ pour les États-Unis. Maroc 4-0 Madagascar. Un score net, une démonstration, et plusieurs signaux positifs que Mohamed Ouahbi attendait depuis l'annonce de la liste le 26 mai. La machine tourne. L'Amérique peut attendre — les Lions sont prêts.
Saibari — le lion qui dévore la lumière
Ismaël Saibari n'a pas attendu. Dès la 4e minute, le milieu du PSV Eindhoven ouvre le score — une tête propre, placée, qui dit tout de son état de forme en ce début juin. Le champion des Pays-Bas confirme qu'il arrive au Mondial dans la meilleure période de sa carrière. Et pour l'assurer, il remet le couvert à la 25e minute — un deuxième but qui plonge le stade dans la fête et fait de lui le premier grand héros de cette soirée. Deux buts en 25 minutes. Un message envoyé à la concurrence, à l'équipe du Brésil du groupe C — ce milieu marocain est redoutable.
Bouaddi — la maturité d'un lion de 18 ans
Ayyoub Bouaddi officiellement marocain depuis le 14 mai, dans les 26 depuis le 26 mai — ce soir, il a joué pour la première fois devant le public marocain sous ce maillot. Et il n'a pas déçu. Titulaire en sentinelle aux côtés d'Amrabat dans le double pivot choisi par Ouahbi, le milieu de terrain du LOSC a montré une assurance déconcertante pour un joueur de 18 ans à sa première vraie sortie publique avec les Lions. Ses appels de balle, sa capacité à orienter le jeu, sa sérénité sous pression — on comprend pourquoi Luis Campos a donné son accord verbal pour le recruter cet été au PSG. Ce soir à Rabat, Bouaddi a signé son entrée dans le panthéon du public marocain.
Amrabat — le retour du guerrier
Il y a dix jours, la question était simple : Amrabat sera-t-il à 100% pour le Mondial ? Ce soir, la réponse est venue du terrain. Le milieu défensif du Real Betis, convoqué sur parole d'Ouahbi malgré une blessure en cours de saison, a réalisé un match solide, dominateur dans la récupération, propre dans la relance. Sa présence aux côtés de Bouaddi a libéré El Khannouss et Ezzalzouli dans les couloirs. C'est quand Amrabat est là que le Maroc ressemble au Maroc du Qatar 2022. Ce soir, il était là.
Rahimi sur penalty — et El Kaabi fini le travail
Soufiane Rahimi a inscrit le troisième but sur penalty à la 78e minute — la sentence logique d'une pression marocaine constante sur une défense malgache dépassée. Le meilleur buteur de la Ligue des champions asiatique, médaillé de bronze aux Jeux olympiques de Paris 2024, a ainsi signé sa première réalisation de cette préparation. Un buteur qui marque — même sur penalty — c'est un buteur en confiance. Et la confiance, au Mondial, c'est un carburant précieux.
La composition officielle — ce que Ouahbi a révélé
Le système choisi ce soir par Ouahbi donne des indications précieuses sur le onze type qu'il envisage contre le Brésil le 13 juin. Le 4-2-3-1 avec Amrabat et Bouaddi dans le double pivot — une configuration plus défensive que le 4-3-3 de 2022, mais qui libère El Khannouss dans un rôle de meneur de jeu plus libre. La composition alignée ce soir : El Kajoui — Mazraoui, Halhal, Issa Diop, Salah-Eddine — Amrabat, Bouaddi — Ezzalzouli, El Khannouss, Amaimouni — Saibari. Hakimi, Bounou, Chadi Riad et Brahim Díaz ont été ménagés — ils rejoindront l'équipe titulaire pour le choc contre le Brésil.
Ce que ce 4-0 dit du Maroc avant le Mondial
Les amicaux de préparation ne disent pas tout. Madagascar n'est pas le Brésil. Mais les signaux envoyés ce soir à Rabat sont positifs à tous les niveaux. Saibari au sommet de sa forme. Bouaddi qui assume son rôle de titulaire avec une maturité déconcertante. Amrabat de retour à son niveau. El Khannouss qui régale. Rahimi qui marque. Et dans les coulisses, un Hakimi ménagé mais disponible — il montera en puissance pour le 13 juin.
Demain 3 juin, le groupe marocain prend l'avion pour Basking Ridge, New Jersey. Camp de base à 40 minutes du MetLife Stadium. Dernier test le 7 juin au Red Bull Arena de New York face à la Norvège d'Erling Haaland. Et le 13 juin, les Lions entrent dans l'arène mondiale. Ancelotti les attend. Vinicius les attend. Endrick les attend. Ce soir à Rabat, les Lions ont montré qu'ils n'étaient pas venus pour faire de la figuration. Le Mondial commence maintenant.
