Le Maroc défie la France en quart de finale de la Coupe du Monde 2026 ce 9 juillet. Les Lions de l'Atlas s'offrent une revanche brûlante de la demi-finale de 2022. Ce choc s'annonce comme un test de vérité pour la sélection marocaine, face à un adversaire qui l'avait privée d'une finale historique il y a quatre ans.
Le Maroc, l'Afrique sur les épaules mais sous tension
Le parcours marocain est déjà historique. Les Lions sont la première équipe africaine à atteindre les quarts de finale de deux Coupes du monde consécutives. Cette performance consacre la régularité d'une nation qui s'est affirmée comme une puissance majeure du football mondial. Deuxièmes de leur groupe derrière le Brésil, qu'ils ont tenu en échec, les hommes de Ouahbi ont ensuite éliminé les Pays-Bas aux tirs au but en seizièmes, avant de dominer le Canada (3-0) en huitièmes, confirmant leur capacité à faire tomber les grands.
Cette confrontation contre la France est un test majeur. La hiérarchie est claire : les Bleus, vainqueurs de leurs cinq matchs, sont favoris. Leur effectif pléthorique et leur expérience des grands rendez-vous en font un adversaire redoutable. Le Maroc doit prouver sa capacité à renverser les pronostics et à dépasser définitivement le statut d'outsider. L'enjeu dépasse le cadre sportif : les Lions de l'Atlas portent une immense part des espoirs du continent africain dans ce tournoi.
Une attaque remaniée et éprouvée
Des interrogations subsistent néanmoins sur le secteur offensif. La blessure d'Ismael Saibari, meilleur buteur marocain du tournoi (3 buts), touché aux ischio-jambiers contre le Canada, est le coup dur du moment : sa participation au quart est très compromise. Une absence qui s'ajoute aux forfaits d'avant-tournoi de Nayef Aguerd et d'Abdessamad Ezzalzouli, et qui prive l'attaque d'une partie de sa percussion.
L'animation offensive reste le principal chantier. Si Ounahi (doublé contre le Canada) et Brahim Diaz montent en puissance au meilleur moment, le poste d'avant-centre fait toujours débat entre Ayoub El Kaabi et Soufiane Rahimi, précieux en sortie de banc avec ses deux buts dans le tournoi. Face à une défense française parmi les plus solides de la compétition, l'efficacité dans les trente derniers mètres sera déterminante. Contre les Pays-Bas déjà, la domination marocaine avait longtemps buté sur le manque de réalisme.
Ouahbi face au plus grand défi de son mandat
Le sélectionneur Mohamed Ouahbi aborde le rendez-vous le plus relevé de son mandat. Champion du monde U20 en 2025, il a succédé à Walid Regragui avec des choix forts et assumés : Youssef En-Nesyri, héros du quart de 2022 contre le Portugal, a été écarté de la liste des 26, tout comme Hakim Ziyech, l'ancien maître à jouer, hors des plans du nouveau staff malgré ses performances au Wydad. Des décisions audacieuses qui ont fait débat au moment de la liste, mais que le parcours actuel — invaincu en cinq matchs — tend à valider.
Il doit désormais trouver la formule pour déstabiliser la défense française, réputée pour sa solidité et son organisation. La France vient de montrer une relative difficulté face aux blocs organisés, longtemps tenue en échec par le Paraguay avant de s'en sortir sur penalty. Un scénario que le Maroc, solide défensivement et létal dans les temps forts, a les moyens d'exploiter. La qualification pour les demi-finales est à ce prix, et avec elle une nouvelle page de l'histoire du football africain.
